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Énergie: Dakar concentre 36,9% de la consommation nationale

Yacine Tine, directrice de l’Agence régionale de développement (Ard), a souligné, lors du Comité régional de développement (Crd), que Dakar concentre 36,9% de la consommation nationale d’électricité. À cette occasion, elle a passé en revue les opportunités qu’offre la transition énergétique pour l’économie régionale, mais aussi les défis liés à la territorialisation des infrastructures énergétiques.

Avec 46% des investissements nationaux du secteur, le pôle Dakar concentre à la fois des infrastructures énergétiques stratégiques – raffinage, gaz et stockage – et les enjeux liés à leur territorialisation. Avec son poids démographique et économique, Dakar joue un rôle structurant dans le système électrique national. Dans le réseau interconnecté, l’essentiel du parc de production électrique du pays est principalement concentré dans la zone Ouest, autour de Dakar, qui représente également la plus grande part de la consommation nationale. Selon Yacine Tine, 36,9% de la consommation nationale d’électricité est ainsi concentrée dans la capitale. Elle relève également que le taux d’emploi rémunéré s’établissait à 46,6% en 2024.

Par ailleurs, la croissance urbaine se concentre principalement à Rufisque, département qui porte une part importante de l’extension des espaces urbains et de nouveaux lotissements accueillant une grande partie des infrastructures énergétiques de production de la région. Plusieurs infrastructures de production et d’activités énergétiques sont ainsi implantées dans la région de Dakar. Il s’agit notamment du réseau gazier du Sénégal, de Mnersol, de West African Energy, de Sococim Industries, de Fabrimetal, de la Compagnie d’électricité du Sénégal et de Movamar Industries. « En effet, la stratégie « Gas to Power » et le projet Sar 2.0 vont beaucoup bénéficier à la capitale. La stratégie « Gas to Power » combine le développement du réseau gazier national, la conversion de centrales thermiques existantes et la réalisation de nouvelles centrales au gaz. Sar 2.0, porté par la Société africaine de raffinage, va porter le traitement national à plus de 5,5 millions de tonnes par an », a-t-elle fait savoir.

Les opportunités de la transition pour l’économie régionale La transition énergétique offre plusieurs opportunités pour l’économie régionale, notamment en matière d’attractivité et d’investissement, d’ancrage industriel, de financement climatique et de compétitivité énergétique. Concernant l’attractivité et l’investissement, la directrice de l’Ard estime que le modèle de la centrale de Cap des Biches illustre la capacité de la région à attirer des investissements structurants et à développer le contenu local. À ses yeux, le projet Sar 2.0 devrait consolider, à Mbao, un pôle de pétrochimie et de raffinage créateur de valeur ajoutée et d’emplois qualifiés dans la région. S’agissant du financement climatique, elle estime que le Jetp, signé par le Sénégal en 2023, ouvre l’accès à des financements climatiques susceptibles d’être mobilisés au profit des territoires. Elle soutient également que l’accès à une énergie plus stable et compétitive, porté par la diversification du mix énergétique autour du gaz local et du solaire, conditionne l’attractivité des zones d’activités économiques de la région.

Des défis environnementaux et fonciers La transition énergétique soulève toutefois plusieurs défis dans la région de Dakar. Yacine Tine a notamment mis en exergue les questions liées à l’acceptabilité sociale et à la gestion environnementale des grands projets énergétiques. À ce titre, elle a rappelé que la centrale à charbon de Bargny a fait l’objet de contestations communautaires. À la pression foncière et à la forte densité urbaine, qui contraignent l’implantation de nouvelles infrastructures, s’ajoute, selon elle, un cumul de nuisances industrielles dans la zone de Bargny. Pour la directrice de l’Ard, l’enjeu consiste donc à concilier le développement des infrastructures énergétiques avec les impératifs de préservation de l’environnement, d’acceptabilité sociale et de développement équilibré des territoires.

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