Dans une question écrite adressée au ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, le député de la XVe législature Mbaye Dione dresse un tableau sombre des réalités de l’école sénégalaise. Tout en reconnaissant les initiatives engagées par la tutelle, le parlementaire pointe du doigt une série de défaillances structurelles, d’infrastructures à l’abandon et de précarité chez les enseignants, des constats appuyés par des tournées de terrain effectuées dans les régions de Kaolack, Kédougou et Kaffrine.
Au centre des inquiétudes de l’élu figure la situation critique des Lycées Nation-Armée pour la Qualité et l’Équité (LYNAQE), notamment ceux de Kaffrine et Sédhiou. Alors que ces complexes modernes devaient incarner l’excellence scientifique, le parlementaire dénonce un « spectacle désolant » marqué par l’absence de versement des indemnités et primes scolaires aux enseignants « depuis deux années consécutives ». Une accumulation d’échéances non honorées par l’État qui a poussé le corps professoral au boycott des évaluations, tandis que les élèves n’auraient perçu que deux mois de bourse. Mbaye Dione interroge ainsi le ministre sur le montant exact des arriérés et le calendrier précis prévu pour régulariser la situation financière du personnel et préserver leur logement.
Des réformes jugées précipitées et des chantiers à l’abandon
Outre le malaise des LYNAQE, le député s’interroge sur l’opportunité de l’introduction de l’anglais à l’école élémentaire. S’il qualifie l’intention de « louable », il estime que « les conditions minimales d’une mise en œuvre sérieuse et efficace ne semblent pas réunies », déplorant l’absence d’enseignants spécifiquement formés, le manque de manuels adaptés et l’insuffisance de supports pédagogiques. Face à cette situation, l’élu exige de connaître le dispositif de formation continue réellement mis en place pour accompagner les instituteurs sur le terrain.
Le réquisitoire parlementaire met également en lumière le scandale des infrastructures scolaires inachevées. Citant des cas précis observés à Porokhane dans le département de Nioro, à Aikon dans le département de Salémata ou encore à Sagna dans le district de Malem Hoddar, Mbaye Dione décrit une réalité poignante faite de « salles de classe sans toiture, de latrines non construites » et de clôtures inexistantes. Il demande au ministre un recensement exhaustif de ces chantiers abandonnés sur l’ensemble du territoire national ainsi que l’établissement des responsabilités.
Surcharge des classes et précarité du personnel administratif
Enfin, l’honorable Mbaye Dione alerte sur la dégradation globale des conditions de travail et d’apprentissage au sein des établissements publics. Il souligne la pression subie par les professeurs face à des « effectifs pléthoriques dépassant parfois soixante à soixante-dix élèves », couplée à la vétusté des laboratoires. Côté élèves, le manque de mobilier, la chaleur suffocante et l’absence de cantines dégradent fortement le climat d’étude.
Le parlementaire n’oublie pas le personnel administratif, secrétaires, gardiens et agents de surface, dénonçant une « précarité statutaire et financière chronique » caractérisée par des contrats fragiles et une rémunération insuffisante. En concluant son interpellation, Mbaye Dione attend désormais des réponses claires et des engagements budgétaires précis de la part du ministère de l’Éducation nationale pour redresser un secteur en souffrance.


