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(Edito) Élections locales : le silence qui confisque la souveraineté du peuple Par Mamadou Seck

Élections locales : le silence qui confisque la souveraineté
Élections locales : le silence qui confisque la souveraineté

Aujourd’hui, alors que nous sommes à moins de cinq mois de l’expiration du mandat des maires et des conseillers départementaux, la date des élections locales n’est toujours pas fixée. Or le Code électoral sénégalais est clair : cette date doit être arrêtée au moins six mois avant la fin du mandat.

La date butoir est bel et bien dépassée. Et personne, au sommet de l’État, ne semble s’en émouvoir.Aucune raison valable ne peut être invoquée pour justifier ce silence. Pas même l’idée, parfois évoquée, de saisir le Conseil constitutionnel pour un éventuel avis sur le couplage des locales avec d’hypothétiques législatives. Cette manœuvre, si elle devait se confirmer, ne serait qu’un écran de fumée. On ne contourne pas le peuple.

On ne monnaye pas son droit de choisir.La souveraineté appartient au peuple. C’est à lui, et à lui seul, de décider par la voix des urnes. Cette souveraineté ne saurait être aliénée, diluée ou confisquée par qui que ce soit – ni par un décret, ni par une consultation de pure forme, ni par des calculs politicards. Quand le calendrier légal est bafoué, c’est la démocratie elle-même qui est mise en danger.Ce qui m’inquiète le plus, ce n’est pas seulement l’inertie du pouvoir. C’est le silence assourdissant – pour ne pas dire complice – d’une large partie de la société civile et de la classe politique. Où sont les voix qui, hier encore, hurlaient au moindre report ? Où sont ceux qui se drapaient dans les grands principes ?

Leur mutisme actuel est plus qu’inquiétant. Il sent le renoncement, l’opportunisme, ou pire : l’acceptation d’un glissement dangereux.Je refuse de m’y résigner.
Le peuple sénégalais a le droit de savoir. Il a le droit de voter. Il a le droit d’exiger que la loi soit respectée, sans arrangement, sans atermoiement, sans ruse. Monsieur le Président de la République,
Fixez la date. Maintenant.
Sinon, ce silence finira par parler plus fort que toutes les déclarations d’intention.

Mamadou Seck,Sanslimitesn.com

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