Accueil Societé École à Kaolack : Serigne Mboup remplace les robinets par des… puits

École à Kaolack : Serigne Mboup remplace les robinets par des… puits

À Kaolack, des dizaines d’écoles primaires sont privées d’eau courante. À l’origine des coupures, explique Le Quotidien, un différend financier entre la Sen’Eau et la mairie. La société réclame 600 millions de francs CFA d’impayés à la municipalité, tandis que cette dernière lui oppose des taxes et redevances qu’elle estime dues, pour un montant de près de 6 milliards, dont une taxe contestée sur la « tuyauterie souterraine ».

Par voie d’huissier, renseigne la même source, la Sen’Eau a fait parvenir au receveur-percepteur municipal de Kaolack un chèque de 26 millions 240 mille francs CFA pour le « règlement de taxes et redevances municipales régulièrement établies et légalement exigibles à l’encontre de la Sen’Eau, au titre des exercices 2023 à 2026 ». La société conteste néanmoins formellement la taxe sur la tuyauterie souterraine.

Selon le maire de Kaolack, cité par le journal du Groupe Avenir Communication, les responsables de la Sen’Eau ont décidé de couper l’eau dans plusieurs établissements scolaires, en ciblant particulièrement les écoles primaires. Serigne Mboup juge cette situation d’autant plus scandaleuse qu’elle survient en pleine rentrée scolaire, alors que le pays connaît de fortes chaleurs.

L’édile dénonce également un traitement différencié. Il affirme que des bons de coupure avaient été envoyés, à la même période, à des établissements d’enseignement secondaire ainsi qu’à la cité religieuse de Médina Baye, mais que « les bons de coupure n’ont jamais été exécutés » dans ces cas.

Face à cette situation, et « pour fournir aux écoles primaires l’eau dont la Sen’Eau les prive, le maire se mue en puisatier ». Serigne Mboup a engagé en urgence la réalisation de forages dans certaines cours d’école afin de permettre aux élèves de s’approvisionner en eau. La municipalité assure procéder à des contrôles quotidiens pour « garantir la qualité de l’eau ainsi puisée ». 

Le Quotidien déplore un retour en arrière et s’indigne qu’au XXIᵉ siècle, des enfants soient encore contraints « à se rabattre sur des puits pour pouvoir s’abreuver».

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