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DISCOURS CONTRAIRES AUX BONNES MOEURS :Le politologue Aziz Diop risque 3 mois ferme

L’ancien ministre Conseiller de l’ex-Président Macky Sall a fait face à la justice ce mardi 30 juin 2026 pour des propos polémiques visant Ousmane Sonko et ses partisans. Le représentant du parquet procureur de la République a requis une peine de 6 mois dont 3 mois et une amende de 500.000 FCfa.

En prison depuis le 19 juin 2026 pour discours contraires aux bonnes moeurs et insultes par le biais d’un système informatique envers un groupe de personnes, Abdoul Aziz Diop a comparu ce mardi 30 juin 2026 devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Face aux juges, l’ancien Conseiller spécial de Macky Sall a reconnu être l’auteur des propos incriminés, mais estime n’être coupable d’aucun délit. Lors d’une émission de télévision, le prévenu avait notamment déclaré, en wolof, que la mouvance adverse voulait continuer à vivre comme un « mbam alleu » (un phacochère)

L’enseignant en science politique a tenté de contextualiser son intervention en expliquant : « Je reconnais avoir formulé ces propos mais  ce n’est pas un délit. J’ai tenu ces propos à l’occasion d’une émission. Celle-ci a duré 1h34 et je comparais pour un extrait de quelques secondes pour ce qu’on appelle dans le débat politique un coup de gueule ».

Pour sa défense, Abdoul Aziz Diop a invoqué son statut d’opposant et de politologue et le climat de tension numérique. « C’est en tant qu’opposant que je me suis exprimé contre un groupe.Ils ont été des centaines voire des milliers à éteindre la bougie par la calomnie, les invectives. Je qualifie leur manière de se comporter de sauvage car ils sont sortis de la vie civile telle que définit Rousseau», s’est-il défendu.

Le politoloque a laissé entendre être victime d’une interprétation de ses propos. « On reproche à la langue wolof son vocabulaire car j’ai tenu les mêmes propos en français, dans une autre émission », déclare-t-il.

Le ministère public a rejeté cette ligne de défense. Selon le représentant du parquet, les déclarations de l’enseignant constituent une provocation intolérable : « Les propos vont au-delà des injures, ils sont choquants et dirigés vers des personnes en raison de leur appartenance politique. Il essaie de s’expliquer en évoquant la liberté d’expression mais celle-ci a des limites ». Pointant du doigt une « défiance » et une « témérité » de la part du prévenu, il a demandé au tribunal d’étouffer toute velléité de récidive en prononçant une peine exemplaire de 6 mois de prison, dont 3 mois ferme, assortie d’une amende de 500 000 FCfa.

La défense a plaidé la relaxe l’injure et a sollicité la clémence pour le délit de discours aux bonnes moeurs.
Le délibéré est attendu le 7 juillet 2026.

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