Lors d’un entretien avec France 24 et RFI, le président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko a apporté des précisions sur la dette publique sénégalaise, indiquant que ce sujet n’avait jamais créé de divergence avec le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, même après son départ de la Primature.
Sonko a écarté toute position arrêtée sur une éventuelle restructuration de la dette héritée de l’ancien régime. « Nous ne sommes pas dans des positions figées. Nous examinons avec lucidité la situation », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité d’une approche adaptée « aux exigences du moment ». Il a néanmoins réitéré son rejet d’une restructuration « sauvage », arguant que le Sénégal n’est pas en défaut de paiement et honore ses échéances, ce qui rend une telle option prématurée. Il a aussi mentionné les tensions dans le Golfe comme facteur aggravant de la pression de la dette.
Abordant la question de l’annulation de la dette et du concept de « dette odieuse », Sonko a admis ses limites passées. « Je n’avais pas tous les leviers. Quand je parlais à certaines occasions, je parlais en tant que chef de parti politique », a-t-il expliqué, rappelant que les marges de manœuvre du Premier ministre sont contraintes par le cadre institutionnel. Désormais à la tête de l’Assemblée nationale, il a averti que l’institution pourrait user de ses prérogatives pour bloquer toute décision contraire à l’intérêt national. « Si une solution devait être prise qui ne va pas dans le sens de l’intérêt du Sénégal, nous ne l’accepterons pas », a-t-il déclaré.
Ces propos surviennent alors que le gouvernement, par la voix du ministre Malick Ndiaye, a déjà exclu une restructuration de la dette en mai 2026, privilégiant la rigueur budgétaire.





