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Détention provisoire : Le ministre de la Justice reconnaît des mandats de dépôt parfois non nécessaires

​La détention provisoire est au cœur des préoccupations de l’ONG 3D. Reçue ce jeudi par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, une délégation conduite par son président Moundiaye Cissé a alerté sur plusieurs enjeux majeurs liés au fonctionnement de l’institution judiciaire, notamment l’usage des mandats de dépôt, les « retours de parquet », l’absence effective d’un juge des libertés et de la détention, ainsi que la dégradation des conditions carcérales.

​Sur la question de la détention, le ministre a reconnu que des mandats de dépôt non nécessaires sont parfois délivrés par le parquet. Il a indiqué qu’une circulaire a été prise afin de rappeler aux magistrats la nécessité de rationaliser le recours à ces mandats, trop souvent délivrés de manière quasi systématique.

​L’ONG 3D a également plaidé pour un meilleur encadrement de la détention en matière d’instruction criminelle et pour l’instauration effective d’un juge des libertés et de la détention. Par ailleurs, l’organisation a dénoncé les conditions dégradantes prévalant dans certaines prisons ainsi que l’insuffisance des moyens humains, tant du côté de la magistrature que du barreau.

​Autre préoccupation majeure soulevée : l’accès à la justice pour les personnes démunies. L’ONG souhaite que l’assistance judiciaire soit élargie afin de couvrir davantage de besoins, notamment dans le cadre des affaires civiles et familiales telles que les divorces et les procédures de succession.

​Face à ces sollicitations, Me Moussa Sarr a assuré que plusieurs de ces réformes sont déjà intégrées dans le projet de révision du Code de procédure pénale actuellement engagé dans le circuit administratif. Il a également annoncé le lancement d’une réflexion sur les fuites de procès-verbaux dans la presse, dans le but de mieux garantir le secret de l’enquête et de l’instruction.

​Le Garde des Sceaux a enfin insisté sur l’impératif de placer le citoyen au centre du système judiciaire. « Il faut changer de paradigme », a-t-il affirmé, appelant à une meilleure prise en compte des attentes « exigeantes et légitimes » des justiciables.

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