Extrait de la maison d’arrêt de Louga pour être entendu, Ahmadou Lamine Dia, agent de la société CSE, né en 1977 au Caire, a livré lors de son interrogatoire des révélations circonstanciées sur sa relation avec le responsable politique Matar Ndiaga Seck. Derrière l’accusation, une histoire intime et une rupture brutale que le détenu dit n’avoir jamais acceptée.
C’est dans le cadre d’une délégation judiciaire émanant du juge d’instruction près le Tribunal de Grande Instance de Louga que les policiers ont agi. Le 15 mai 2026, la Division des Investigations Criminelles a interpellé le nommé Matar Ndiaga Seck, avant de le mettre à la disposition du Commissariat Urbain de Linguère.
Parallèlement, Ahmadou Lamine Dia, a fait l’objet d’une extraction à la Maison d’Arrêt et de Correction de Louga, où il était déjà placé sous mandat de dépôt.
Ahmadou Lamine Dia : une relation née sur Facebook, des rapports à Somone
Interrogé en premier, Ahmadou Lamine Dia est revenu en détail sur ses premières déclarations. Il affirme avoir connu Matar Ndiaga Seck au courant des années 2013-2014, soit via Facebook, soit par l’intermédiaire d’un certain Jeannot Rodriguez, présenté comme la première personne avec qui il avait entretenu des rapports contre nature.
De cette rencontre est née, selon lui, une relation amoureuse qui a rapidement évolué vers des rapports charnels, consommés dans la Petite Côte, à Somone. Ahmadou Lamine Dia a précisé qu’au moment de ces rapports intimes, il ignorait être séropositif et ne se souvient plus s’ils avaient ou non utilisé une protection.
Il a également affirmé que c’est à l’occasion de ces échanges que Matar Ndiaga Seck lui a communiqué son numéro de téléphone portable (77 6….,) information qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’au responsable politique.
Des éléments biographiques vérifiables pour étayer ses dires
Interrogé sur la véracité de ses déclarations, Ahmadou Lamine Dia a tenu à souligner que les informations partagées par Ndiaga Seck lors de leurs échanges sont précises et vérifiables. Il a ainsi cité : son surnom, « Ndanane » ; son passage à l’université vers les années 1998-1999 ; sa résidence habituelle à Ziguinchor où il se rend régulièrement ; son séjour professionnel dans la Petite Côte avec un appartement à Somone. Toutes ces données ont été confirmées par Ndiaga Seck lui-même lors des interrogatoires.
Le mobile de l’accusation : un blocage brutal et un sentiment de trahison
Questionné sur les raisons qui l’ont poussé à conserver précieusement leurs échanges messages, discussions Facebook, coordonnées Ahmadou Lamine Dia a livré une explication révélatrice. Selon lui, Matar Ndiaga Seck l’a bloqué subitement, rompant sans préavis tout contact et toute relation.
« Après avoir été bloqué et avoir cessé brutalement toute relation avec lui, je me suis senti blessé », a-t-il déclaré aux enquêteurs selon des sources de Seneweb.
C’est ce sentiment de blessure et d’injustice qui l’aurait conduit à archiver soigneusement ces échanges, dans l’espoir de les lui opposer un jour, dès que l’opportunité se présenterait. Cette rancœur accumulée constitue, le mobile central qui a poussé Ahmadou Lamine Dia à révéler la relation et à transmettre le numéro de téléphone de Ndiaga Seck aux policiers.
Ndiaga Seck : évasif, mais incapable de tout démentir
Interrogé en second lieu, Matar Ndiaga Seck a adopté une posture de retrait et d’imprécision. Il a reconnu être le propriétaire du numéro de téléphone communiqué par Ahmadou Lamine Dia, mais a affirmé ne plus se souvenir de lui avoir remis ce numéro, alors même que les discussions Facebook montrent que c’est lui qui l’aurait transmis en premier.
Il a ensuite déclaré ne pas se souvenir du nommé Ahmadou Lamine Dia et a réfuté l’ensemble de ses déclarations. Toutefois, sa défense a rapidement montré ses limites : Ndiaga Seck a en effet confirmé l’ensemble des données biographiques révélées lors des échanges, à savoir son numéro de téléphone, son surnom, sa photo de profil, son année de naissance et de sortie de l’université, son séjour dans la Petite Côte, ses passages à Dakar et à Ziguinchor, son voyage aux États-Unis en 2013 ainsi que l’appartement qu’il a occupé à Somone de 2009 à 2012. Des confirmations qui fragilisent considérablement sa position de déni total.
Face aux zones d’ombre persistantes et aux contradictions relevées dans les déclarations de Matar Ndiaga Seck, les enquêteurs ont adressé une réquisition à la Division spéciale CyberSécurité afin de procéder à une exploitation technique approfondie de son téléphone portable.
Au cours de l’enquête, Ndiaga Seck a fini par reconnaître son statut de présumé homosexuel. Il a été placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du Tribunal de grande instance de Louga.

