Dakar dem Dikk : « Il m’a appelé bébé et je l’ai… » –

Dakar dem Dikk : « Il m’a appelé bébé et je l’ai… »

IL L’APPELLE «BEBE»
La fille lui assène une gifle retentissante
On le sait depuis toujours : les transports en commun sont le condensé de la
société sénégalaise, dans ses qualités comme dans ses défauts. Des êtres,
humains jusqu’à à la moelle épinière, côtoient, sur quatre roues, des grincheux et
des prédateurs. Il est 20 heures passées, ce dimanche, sur la ligne 219 de Dakar
Dem Dikk qui relie le terminus de Daroukhane (Guédiawaye) à celui de
Ouakam. Le bus est bondé. Le véhicule est bondé. L’on s’y presse comme des
sardines. Et pour ne rien arranger, l’embouteillage est monstre en ce dernier jour
du week-end. Tantôt, on entend des dames qui demandent l’arrêt parce que, au
bord de l’asphyxie. Tantôt, ce sont des cris stridents de mômes qui déchirent
l’atmosphère. Après le feu tricolore de la Patte d’Oie, la circulation se décante.
L’air circule dans le bus et le calme revient. Un calme qui ne sera que de courte
durée. Le silence sera, en effet, interrompu par une retentissante gifle d’une
jeune fille de 17-18 ans sur un homme, la cinquantaine, environ. Dans un
premier temps, l’adolescente refuse de révéler l’objet du différend, se contentant
juste de servir que si elle en est arrivée à cette extrémité, c’est que, à l’évidence,
il y a quelque chose. Donc, pas de fumée sans feu. L’adulte victime de la baston
s’emmure, lui aussi, dans le silence. Puis, pressée de questions, la fille finit par
lâcher le morceau. «Elle m’a appelée bébé et je l’ai giflée», dit-elle simplement.
L’homme, s’exprimant avec un accent étranger –votre serviteur finira, plus tard,
par savoir qu’il est originaire du Nigéria- confirme.
Cette explication divise les passagers du véhicule en deux camps. D’une part, il
y a ceux qui pensent que le motif n’est pas suffisant pour en arriver là sur une
personne d’un âge avancé. De l’autre, ceux qui trouvent que le bonhomme n’a
droit à aucune circonstance atténuante parce que ne devant pas appeler, même
sur le ton de la plaisanterie, une personne étrangère par un «bébé». Un terme qui
frise la familiarité voire évoque la drague. Finalement, le mot est devenu une
plaisanterie, chacun le collant à sa voisine avec le malin espoir de récolter, qui
sait, une gifle…amicale.

A propos El capo 24463 Articles
Moussa Cissé : En tant que passionné de sociologie, je vous fais découvrir mes réflexions et études sur la vie des gens, je fais aussi des analyses sur les événements marquants de l’actualité au Senegal

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