La convocation du journaliste Pape Ngagne Ndiaye par la Sûreté urbaine, liée à son émission « Faram Facce », continue de susciter des réactions dans la sphère politique. Le président du mouvement AGIR-LES LEADERS, Thierno Bocoum, y voit un signal préoccupant quant à l’état des libertés publiques.
Il estime que cette récurrence « révèle des contradictions persistantes » au sein du régime dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko.
Selon lui, les deux autorités affichent une volonté de construire une justice « équitable, impartiale et indépendante », mais peinent à traduire cette ambition dans les faits. « Aucun ne semble véritablement s’opposer à la multiplication des procédures », déplore-t-il, évoquant l’installation d’un climat d’intimidation visant des voix critiques.
Le leader politique s’interroge dès lors sur la crédibilité du discours officiel en matière de liberté d’opinion. « Qui, aujourd’hui, peut, en toute cohérence, se prévaloir d’en être un défenseur crédible ? », questionne-t-il, pointant directement les plus hautes autorités de l’État.
Thierno Bocoum revient également sur des propos antérieurs du Premier ministre. Ousmane Sonko avait évoqué une volonté d’« effacer » certains de ses détracteurs, une déclaration qui, selon lui, mérite des clarifications. Il interpelle dans ce cadre le chef de l’État sur son rôle de garant des institutions, s’interrogeant sur les mesures prises pour prévenir toute dérive.
« Jusqu’ici, rien ne permet d’identifier des actes forts, publics et sans équivoque », affirme-t-il, appelant à tracer une ligne rouge claire contre toute pression exercée sur les médias et les opinions dissidentes.
Pour Thierno Bocoum, la situation actuelle exige une réaction ferme. Il insiste sur le fait que la liberté de pensée et d’expression constitue un pilier fondamental de l’État de droit et appelle à marquer un arrêt définitif face à toute tentative d’intimidation.


