Accueil Actualité Congrès de Pastef : Sonko fixe le cap d’un « parti révolutionnaire...

Congrès de Pastef : Sonko fixe le cap d’un « parti révolutionnaire » chargé d’organiser la souveraineté

Ousmane Sonko
Ousmane Sonko

Réélu à la tête de Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko a livré ce samedi l’un de ses discours les plus doctrinaux depuis l’accession du parti au pouvoir. Devant les congressistes réunis à Diamniadio, il a défini ce qu’il considère comme la nouvelle mission historique de Pastef : passer d’un mouvement de rupture à un instrument de transformation durable de l’État et de la société. « Les peuples peuvent conquérir le pouvoir sans parvenir à transformer l’État », a-t-il averti d’emblée. Pour Sonko, les victoires électorales de 2024 ne constituent pas l’aboutissement du combat politique engagé depuis 2014, mais seulement le début d’une nouvelle étape, plus complexe et plus exigeante.

« Organiser la souveraineté »

Le président de Pastef a martelé à plusieurs reprises ce qui apparaît désormais comme la colonne vertébrale idéologique du parti. « La souveraineté ne se décrète pas, elle s’organise », a-t-il lancé sous les applaudissements des militants. Selon lui, la souveraineté politique reste incomplète sans souveraineté économique, tandis qu’une souveraineté économique dépourvue de justice sociale ne profite qu’à une minorité. Il a également estimé qu’aucune souveraineté nationale ne peut être durable sans une vision panafricaine capable de répondre aux défis de la mondialisation et des grands ensembles géopolitiques.

Dans un discours fortement marqué par les références intellectuelles africaines, Sonko a revendiqué l’héritage de penseurs et dirigeants tels que Cheikh Anta Diop, Amílcar Cabral, Thomas Sankara, Kwame Nkrumah et Mamadou Dia. Pour lui, ces figures avaient compris que l’indépendance ne pouvait être uniquement symbolique ou juridique, mais devait aussi être économique, culturelle et politique. «L’Afrique fragmentée reste vulnérable », a-t-il soutenu, plaidant pour un panafricanisme souverainiste fondé sur la coopération entre les peuples africains.

Construire un « bloc populaire »

L’un des concepts centraux de son intervention a été celui du « bloc populaire ». Selon Sonko, la révolution démocratique qu’il appelle de ses vœux repose sur une alliance sociale encore en construction, regroupant la jeunesse, les travailleurs, les femmes, les paysans, les pêcheurs, les artisans, les intellectuels, les artistes, les sportifs, les acteurs culturels ainsi que la diaspora. Il a également rendu hommage aux différentes traditions spirituelles et communautaires du Sénégal, qu’il considère comme des piliers de la cohésion nationale. Pour le leader des Patriotes, la force du parti réside avant tout dans son enracinement populaire. « Notre parti est un parti de masse. Il n’est pas un parti de télévision. Il n’est pas un parti des réseaux sociaux », a-t-il affirmé. « Il est présent dans les quartiers, les villages, les universités, les lieux de travail et la diaspora. »

Discipline et formation

Une large partie du discours a été consacrée à l’avenir organisationnel de Pastef. Sonko a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité d’un parti discipliné, formateur et idéologiquement structuré. Selon lui, la réussite du projet souverainiste dépendra largement de la qualité de la formation des militants. « Nous avons les militants les plus formidables au monde », a-t-il déclaré avant d’appeler à renforcer leur préparation politique et intellectuelle. Pour le président du parti, une organisation qui cesse de former ses membres finit par se bureaucratiser et se couper progressivement du peuple. Reprenant une idée chère à Amílcar Cabral, il a estimé que le rôle du parti devait être d’élever le niveau de conscience politique des citoyens afin de transformer durablement la société.

Au-delà de l’organisation interne, Sonko a esquissé plusieurs priorités qu’il juge essentielles pour consolider la souveraineté du Sénégal : la construction d’une économie productive, la lutte contre la corruption et les rentes, la formation de la jeunesse, la maîtrise des ressources nationales et une « bataille culturelle » destinée à renforcer la confiance des Sénégalais dans leurs propres capacités.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici