Abdou Mbow s’est insurgé, ce jeudi, contre ce qu’il décrit comme une déstructuration de notre administration. Et le mal a, à l’en croire, atteint son paroxysme. «Nous pensions avoir tout vu !!! Mais le Pastef Circus est en représentation permanente et fait de notre pays et de son administration un grand cirque à ciel ouvert. C’est à croire que les autorités sont allergiques à l’application des textes», s’est-il exclamé.
Pour étayer ses propos, le député évoque la conférence de presse du directeur des ressources humaines de l’Ageroute. Conférence de presse qu’il juge «surréaliste» et «lunaire». Il s’est offusqué du fait que Cheikh Ahmed Tidiane Thiam a pris la parole publiquement pour «dénoncer des dérives managériales et de violations flagrantes des textes règlementaires » sous la direction de Moustapha Fall, nommé directeur général le 18 décembre dernier. Pour lui, si le fond des dénonciations de M. Thiam est vrai, M. Fall «doit être viré dès ce lundi et traduit en justice».
Mais au-delà de cette histoire, pour Abdou Mbow, c’est la forme qui inquiète. «C’est bien le comble, de voir sous ce régime, qui fait du hasard une règle de gouvernance, une conférence de presse d’un DRH qui se plaint de son DG. Impensable sous Senghor, sous Diouf, sous Wade. Encore moins sous Macky. Mais, faut-il s’en étonner ? Qu’attendre d’un Drh au français calamiteux si ce sont les députés, devant le ministre de l’intérieur, et face au président de l’Assemblée nationale hilare, qui insultent le président de la République?», dit-il.
Abdou Mbow estime que les dirigeants actuels du pays devraient être sans reproche dans le respect des institutions. Mais pour lui, le premier ministre Ousmane Sonko, lui-même, a battu tous les records en matière d’insubordination et de manque de respect vis-à-vis du Président de la République.
«Leur petite ambition à la semaine a provoqué une crise sans précédent entre l’exécutif et le législatif, semant dans notre assemblée un désordre indescriptible, avec des violations manifestes et répétitives de la loi. Pendant ce temps, c’est la grogne généralisée : paysans, travailleurs, artisans, employeurs, secteur informel cherchent le diable pour lui tirer la queue. Les parents vivent un stress inouï à 2 semaines de la Tabaski», dit-il.
L’opposant signale aussi, qu’une administration aussi cruciale que le Trésor a été, elle aussi, piratée. Ce, après l’administration des Impôts et Domaines et celle de la Direction de l’automatisation du fichier. «C’est la catastrophe à tous les étages. La Division de la cybercriminalité, chargée justement de veiller à la protection de nos données et à empêcher des criminels du Dark web à pirater nos services cruciaux de gouvernance, est réduite à traquer des chroniqueurs et des opposants», déclare le député.




