Après plusieurs épisodes d’inondations ayant causé d’importants dégâts matériels, le Dr Honoris Causa Mballo Dia Thiam appelle les autorités à prendre une décision définitive pour mettre fin à la vulnérabilité du Centre de santé Philippe Maguilène Senghor. Il plaide notamment pour la délocalisation de la structure vers un site sécurisé et, à terme, sa transformation en hôpital de niveau 2.
Le Centre de santé Philippe Maguilène Senghor est-il en train de devenir une véritable bombe à retardement sanitaire ? C’est la question que soulève le Dr Honoris Causa Mballo Dia Thiam, qui interpelle directement le président de la République sur la situation de cet établissement de santé régulièrement confronté aux inondations.
Dans une contribution, le secrétaire général national du SUTSAS tire la sonnette d’alarme après plusieurs épisodes successifs d’inondations. Selon lui, la répétition de ces sinistres ne saurait continuer à être gérée par de simples opérations de pompage ou de remise en état.
« Peut-on raisonnablement attendre une nouvelle catastrophe avant de prendre des mesures définitives pour mettre fin au calvaire des populations, des travailleurs et des usagers ? », s’interroge-t-il.
Un établissement pris au piège des eaux
Portant le nom de Philippe Maguilène Senghor, fils du premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, tragiquement décédé dans un accident de la circulation à proximité du lieu qui lui est dédié, le centre se trouve aujourd’hui confronté à une vulnérabilité structurelle majeure.
Sa localisation, à la convergence de plusieurs eaux de ruissellement et dans une zone décrite comme une cuvette, voire un véritable bas-fond, l’expose particulièrement aux pluies diluviennes.
Les conséquences sont lourdes : dégâts matériels, détérioration d’équipements et destruction d’archives médicales, techniques et comptables. Une situation qui, selon le responsable syndical, finit par affecter le fonctionnement des services et, plus largement, la qualité des soins.
Le Dr Mballo Dia Thiam rappelle par ailleurs que le SUTSAS avait déjà alerté les pouvoirs publics après un précédent épisode d’inondation particulièrement dévastateur et plaidé pour la délocalisation de l’établissement.
La sécurité des patients directement menacée
Au-delà des pertes matérielles, l’ancien responsable syndical estime que le véritable danger concerne désormais la sécurité sanitaire des patients et du personnel.
« Comment garantir l’hygiène, la stérilité des équipements médicaux et le respect des normes de sécurité dans un environnement régulièrement envahi par les eaux ? », questionne-t-il.
L’inquiétude est d’autant plus grande que les eaux qui envahissent le centre sont susceptibles d’être mêlées à des eaux fortement polluées.
La situation pourrait également affecter directement les patients hospitalisés, les femmes en couches, les nouveau-nés et les autres malades contraints, en cas de sinistre, d’être transférés vers d’autres établissements.
La morgue n’échappe pas non plus aux préoccupations. Les installations électriques affectées par les inondations et les difficultés liées au fonctionnement du groupe électrogène sont présentées comme une source supplémentaire d’inquiétude quant aux conditions de conservation des corps.
Pour le Dr Mballo Dia Thiam, une question s’impose désormais : « Jusqu’à quand faudra-t-il attendre pour prendre une décision à la hauteur des risques encourus ? »
La délocalisation comme solution durable
Face à cette situation, le responsable syndical estime que la délocalisation du Centre de santé Philippe Maguilène Senghor constitue désormais une nécessité.
Parmi les pistes évoquées figure l’ancien hangar des pèlerins de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor de Yoff. Le site pourrait, selon lui, être étudié comme une éventuelle nouvelle implantation, sous réserve des études de faisabilité, de la disponibilité foncière et du respect des normes techniques et sanitaires.
Mais le projet pourrait aller plus loin.
Compte tenu de la taille actuelle de l’établissement, de son organisation pavillonnaire et de l’importance des services qu’il fournit aux populations, le Dr Mballo Dia Thiam propose de profiter de cette éventuelle délocalisation pour repenser le statut et l’organisation de la structure, avec l’ambition d’en faire un hôpital de niveau 2.
Une transformation qui permettrait, selon lui, d’élargir l’offre de soins, d’améliorer les conditions de travail des agents, de renforcer la sécurité des patients et de contribuer à une meilleure répartition des infrastructures sanitaires.
« Il faut prévenir plutôt que réparer »
Pour le secrétaire général national du SUTSAS, le contexte climatique actuel impose un changement de paradigme.
L’intensification des phénomènes pluvio-orageux et la récurrence des inondations commandent, selon lui, de privilégier l’anticipation plutôt que les interventions d’urgence après chaque hivernage.
Il appelle ainsi les plus hautes autorités à envisager la fermeture préventive du site actuel, dans le cadre d’un dispositif permettant d’assurer la continuité des soins, puis à engager le processus de délocalisation vers un site mieux adapté et durablement sécurisé.
« Il ne s’agit plus simplement de réparer les dégâts après chaque hivernage, mais de mettre définitivement fin à un cycle de vulnérabilité et de souffrance », soutient-il.
À travers cette sortie , le Dr Mballo Dia Thiam dit vouloir lancer une « alerte citoyenne » et formuler une proposition constructive en faveur d’un système de santé « cohérent, performant, résilient, motivant et mobilisateur », en phase avec les ambitions du référentiel Sénégal Horizon 2050.



