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CEDEAO : « L’IA peut assister le juge, mais ne peut se substituer à lui », le message fort du ministre de la Justice

L’intelligence artificielle (IA) peut-elle entrer dans les tribunaux sans jamais prendre la place du juge ? La question était au cœur des échanges, ce lundi 21 septembre 2026 à Dakar, à l’ouverture de la Conférence internationale de la Cour de justice de la CEDEAO consacrée à « La justice, l’innovation, la protection des Droits de l’homme et l’avenir de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest ».

Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a clairement fixé les limites. Si la transformation numérique peut permettre de dématérialiser les procédures, moderniser les outils de travail ou encore développer les audiences virtuelles, elle ne doit jamais prendre le pas sur les principes fondamentaux de la justice.

« L’intelligence artificielle peut assister le juge. Elle ne peut ni se substituer à son office, ni altérer son indépendance, ni réduire son pouvoir d’appréciation », a-t-il déclaré.

Pour le ministre sénégalais, l’innovation judiciaire n’a de sens que si elle permet de rapprocher la justice du citoyen. La Cour de justice de la CEDEAO dispose, à cet égard, d’une particularité majeure : les individus peuvent la saisir directement en matière de violation des Droits de l’homme. Une possibilité que Me Moussa Sarr considère comme une « avancée majeure », puisqu’elle donne à la protection des libertés fondamentales une portée concrète et supranationale.

Mais cette justice communautaire doit désormais répondre à des attentes croissantes en matière d’accessibilité, d’efficacité et de célérité. « L’autorité de la justice ne réside pas seulement dans la qualité de la décision rendue, mais aussi dans son efficacité », a insisté le ministre.

Au-delà de la technologie, c’est donc la confiance des citoyens dans les institutions communautaires qui se joue. Pour Me Sarr, l’intégration régionale ne saurait se limiter à la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux. Elle suppose également « un espace juridique cohérent, des institutions fortes et une justice accessible ».

D’où son appel à renforcer le dialogue entre les juridictions nationales et communautaires, mais aussi à garantir l’effectivité des décisions de la cour. « Faisons de notre espace régional un endroit où le droit rapproche les peuples et où la justice protège effectivement les droits et libertés », a-t-il lancé.

Créée dans le cadre du Traité révisé de la CEDEAO et du Protocole relatif à la Cour de justice de la Communauté, cette juridiction est appelée à jouer un rôle central dans l’interprétation et l’application du droit communautaire ainsi que dans la protection des droits humains.

À Dakar, le défi est désormais posé : faire entrer la justice communautaire dans l’ère de l’intelligence artificielle sans jamais laisser la technologie prendre le pas sur le juge, les droits humains et le citoyen.

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