Si le juge suit le réquisitoire du procureur et répond favorablement à la demande de la partie civile, P. M. Diallo passera cinq ans en prison, s’acquittera d’une amende de 1 million de francs CFA et versera 15 millions de dommages et intérêts à son employeur. Cet agent de la Société d’exploitation et de gestion des autoroutes (SEGEA) était jugé, lundi dernier, devant le tribunal correctionnel de Mbour, accusé d’avoir détourné près de 10 millions de francs CFA des caisses du poste de péage de l’Autoroute de Mbour où il officiait.
D’après le récit de L’Observateur, qui a suivi le procès, c’est sa collègue A. Ndoye, contrôleuse de la gare de péage de Kirène, qui l’a démasqué, le 26 avril 2024, vers 13 heures 30 minutes. «Elle découvre sur les caméras de surveillance le receveur P. M. Diallo en train d’encaisser frauduleusement d’importantes sommes d’argent qu’il mettait directement dans sa poche au lieu de les déposer dans la caisse de sa cabine, rapporte le quotidien d’information. Intriguée par le comportement de ce tout nouveau péager recruté en 2023, la dame informe aussitôt son patron, B. Mbow, responsable du service de contrôle de la SEGEA.»
Cinq jours après cette alerte, M. Mbow organise discrètement une réunion de crise au sortir de laquelle une décision est prise : le suspect sera sous surveillance. «Le jeudi 2 mai, sans attirer l’attention du receveur mis en cause, l’équipe du service contrôle lui tend un piège : depuis la direction centrale, le responsable du bureau contrôle et son équipe suivent attentivement pendant deux heures les moindres faits et gestes de P. M. Diallo dans sa cabine au moment du passage des véhicules. Le résultat est alarmant.»
Le journal de poursuivre : «À travers les caméras de surveillance, ils voient l’homme, par moments, appuyer sur le bouton qui ouvre la barrière sans enregistrer le passage, éteindre l’imprimante de sa cabine, ou encaisser auprès des chauffeurs les montants correspondant aux péages, sans les enregistrer. Après deux heures de service, B. Mbow ordonne un arrêt du travail et invite P. M. Diallo à une vérification de sa caisse, en présence de l’équipe compétente. L’exercice financier révèle un excédent de 84 500 francs CFA et 32 cartes non valides entre les mains du péager. Interpellé, il refuse de dévoiler la provenance de l’excédent [argent et cartes].»
L’agent en cause est mis à la disposition de la brigade de recherches de la gendarmerie de Saly Portudal. Dans la foulée, la SEGEA mène une enquête interne qui révèle que P. M. Diallo a pompé 9 millions 933 mille francs CFA dans les caisses de son poste de travail. Son employeur formalise sa plainte.
«Face aux enquêteurs, rembobine L’Observateur, le receveur ne reconnaît avoir pris que les 84 500 F CFA, l’excédent relevé le jour où il a été démasqué. Déféré puis placé sous mandat de dépôt, il séjourne depuis le 6 mai 2024 à la prison de Mbour.»
Devant le tribunal correctionnel, P. M. Diallo est passé aux aveux. Le procureur a requis cinq ans ferme et 1 million de francs CFA d’amende. La SEGEA a réclamé 15 millions pour réparation du préjudice subi. Le tribunal rend son verdict le 20 juillet prochain, conclut L’Observateur.




