Sur le plan financier, l’assainissement reste une priorité insuffisante dans le budget de l’État. C’est la principale conclusion du pré-rapport sur « les diagnostics du secteur de l’assainissement au Sénégal » posés par la Facilité africaine de l’eau (FAE).
Malgré une forte volonté politique, une vision stratégique cohérente et un engagement actif des partenaires, au Sénégal, le secteur de l’assainissement reste confronté à des défis de financement persistants. D’après les résultats de l’étude diagnostique réalisée dans le cadre d’un programme régional piloté par la Facilité africaine pour l’eau (FAE) et la Banque africaine de développement (BAD), l’assainissement reçoit moins de 1 % du budget de l’État et 0,2 % du produit intérieur brut (PIB), alors même que les ménages assument l’essentiel du financement de leurs propres dispositifs.
Selon toujours le document, le marché potentiel de l’assainissement urbain est estimé à plus de 8,2 milliards de dollars cumulés entre 2025 et 2050, dont 80 à 85 % dans le segment hors réseau. « C’est dire l’ampleur conjointe des opportunités et des défis qui se profilent », a commenté Salmone Fall, directeur de cabinet du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Il a présidé, hier lundi 11 mai, la cérémonie d’ouverture de l’atelier de lancement de la mission d’identification pour une application de l’approche programmatique dans le secteur de l’assainissement au Sénégal. « La Stratégie nationale de l’assainissement a été consolidée en 2023 et la Lettre de politique sectorielle de développement (LPSD) du sous-secteur de l’hydraulique et de l’assainissement articule la nouvelle vision autour de quatre piliers majeurs : l’accès universel et inclusif, la gouvernance institutionnelle, économique et financière, la gestion intégrée et durable des ressources en eau et la résilience climatique », a-t-il soutenu. Non sans mentionner que, plus récemment, en avril 2025, le Sénégal a procédé au lancement officiel de son Compact national pour la sécurité de l’eau à l’occasion des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI) à Washington, dans le cadre de l’initiative Water Forward. Ce dernier, précise M. Fall, identifie l’assainissement comme l’un des chantiers les plus exigeants et appelle à un changement d’échelle dans la programmation, le financement et l’exécution des investissements.
Mettre en lumière les priorités
La Facilité africaine de l’eau (FAE) a réalisé l’étude sur le diagnostic du secteur de l’assainissement dans 12 pays africains, dont le Sénégal. « Elle a pour objectif d’identifier les principales contraintes structurelles qui freinent le développement du secteur, d’analyser le cadre institutionnel en vigueur et de faire l’évaluation des besoins d’investissement et des opportunités offertes par le marché de l’assainissement », a expliqué Wilfrid Abiola, représentant résident de la BAD au Sénégal.
Pour lui, les conclusions de ce travail ont permis d’établir un état des lieux rigoureux et documenté du secteur tout en mettant en lumière les priorités d’intervention indispensables pour accélérer l’accès des populations à des services d’assainissement durables, inclusifs et résilients. Toutefois, de l’avis de plusieurs responsables du secteur de l’assainissement, certains chiffres et statistiques présentés dans le rapport sont en déphasage avec la réalité.





