L’Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique (APTE) a dressé un état des lieux critique de la situation héritée du régime de Macky Sall, évoquant des finances publiques fragilisées, une surpopulation carcérale persistante et des dossiers judiciaires sensibles. À travers ce diagnostic, la coalition, proche de PASTEF, affirme sa volonté de poursuivre les réformes engagées et de faire la lumière sur plusieurs affaires.
Ces questions ont été abordées lors d’un panel organisé autour du thème « Jubanti-An 2 », consacré au bilan et aux perspectives après deux ans de gouvernance. La coordinatrice de l’APTE, Aïda Mbodji, a salué certaines avancées du gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, notamment dans les secteurs de l’accès à l’eau, des infrastructures routières et de la santé. Elle a également évoqué une baisse du chômage des jeunes sur une période récente.
La question de la dette publique a occupé une place centrale dans les échanges. Des responsables ont évoqué l’existence d’engagements financiers contractés sous l’ancien pouvoir sans communication jugée suffisante. Selon ces déclarations, un montant important aurait été mobilisé en dehors des procédures habituelles d’information, une situation qualifiée de « dette opaque » par certains intervenants. Ces affirmations alimentent le débat sur la transparence dans la gestion des finances publiques.
Présente lors de la rencontre, la ministre de la Justice, Yassine Fall, a pour sa part insisté sur les contraintes budgétaires auxquelles son département est confronté. Elle a indiqué que la situation financière globale du pays rend difficile la mise en œuvre de certaines réformes, tout en soulignant que des efforts sont en cours pour adapter les priorités.
Sur le plan judiciaire, elle a rappelé que les crimes de sang et les actes de torture sont considérés comme imprescriptibles et ne sont pas concernés par d’éventuelles mesures d’amnistie. Les enquêtes se poursuivent, avec l’objectif affiché de garantir des procédures conformes au droit et d’établir les responsabilités de manière rigoureuse.
La question carcérale a également été mise en avant. La ministre a évoqué la surpopulation dans les établissements pénitentiaires, liée notamment à l’évolution démographique et au manque d’infrastructures. Elle a aussi pointé un déficit de magistrats et un recours fréquent à la détention, alors que des alternatives existent. Des instructions ont été داده pour accélérer le traitement des dossiers de longues détentions, même si des défis subsistent concernant les conditions de vie en milieu carcéral.
Enfin, des avancées en matière de digitalisation ont été évoquées, avec la mise en place de services administratifs dématérialisés, notamment pour certains documents judiciaires. À travers ces différentes annonces, les autorités entendent mettre en avant une gouvernance axée sur la transparence et la réforme, dans un contexte marqué par des attentes élevées et des contraintes structurelles importantes.




