Après un Sopi sans changement et une alliance sans république…

APRES UN SOPI SANS CHANGEMENT ET UNE ALLIANCE SANS LA REPUBLIQUE

Quelle alternative pour les Sénégalais ?

Malgré deux alternances réussies et saluées par le monde entier, rien n’a fondamentalement changé et les Sénégalais sont toujours dans l’attente du vrai changement.  D’abord le Sopi promis, qui laissait entrevoir des lendemains enchanteurs, s’est au finish, mué en  désenchantement.  A sa suite, l’Alliance pour la République  semble être une pâle réplique  du Sopi étant donné que la primeur du  parti sur ² la patrie est toujours de rigueur.  

El Hassane SALL

Le 24 février 2019, les Sénégalais retourneront aux urnes pour élire leur président de la République. A quelques 7  mois de la date fatidique, c’est le branle de bas combat dans les états majors  où pouvoir et opposition affutent leurs armes. Comme dans une  arène  de gladiateurs, on se toise, on se jauge, chaque camp promettant à l’autre une raclée au soir du grand jour. Aujourd’hui, la foire aux promesses à ouvert ses portes et tous les prétendants rivalisent d’attirail de séduction, promettant le meilleur au peuple.

Mais l’amer constat est qu’une fois élus, ils tournent le dos à toutes leurs promesses, c’est comme si leurs idées de démocrates patriotes  ne valaient  que le temps d’une opposition. Et pour preuve,  l’asservissement de la Justice, la vassalisation du Parlement,  le chômage endémique des jeunes, la pauvreté galopante, bref les dures conditions de vie des populations   n’émeuvent les politiciens que durant leur campagne, pour accéder au pouvoir. Une fois aux manettes, ils reconduisent sans état d’âme les mauvaises pratiques de leur prédécesseur, dans le seul but de  se maintenir le plus longtemps au pouvoir, reléguant au second plan les préoccupations des  populations qui les ont élues.

Etant entendu pour eux  que «les promesses n’engagent que ceux qui y croient». Sans compter qu’avec l’hyper présidentialisme qui est de mise, le nouvel élu pourra agir à sa guise,  en toute impunité.  Il en été ainsi en 2000, 2012 et probablement en 2019 étant donné qu’il n y a jamais 2 sans 3. Pourtant le 2 avril  2000, en recevant le  serment de Abdoulaye Wade fraichement élu dans un stade Lss surchauffé par des jeunes remplis d’espoir, Youssou Ndiaye le président du Conseil Constitutionnel d’alors lui disait ceci « Les Sénégalais, depuis plus de deux décennies veulent cesser d’être de courageux affamés d’espoir. Ils souhaitent vivre dans la cohésion, la solidarité, et la fraternité, dans le respect des valeurs de progrès et dans la primauté du droit à travailler. ..

L’Etat qui ne répondrait pas à cette attente, à cette angoisse, faillirait gravement à son devoir qui est de donner à chacun un niveau de vie suffisant». Mais à  cette faim d’espoir est venue aujourd’hui s’ajouter la soif de justice.  Alors que  le 2 avril 2012, en recueillant le serment de Macky Sall nouvellement élu président de la République, feu Cheikh Tidiane Diakhaté lui avait tenu ces propos « les progrès réalisés à plusieurs niveaux ne semblent pas avoir répondu à l’attente satisfactoire des Sénégalais et il y a tant de frustration, tant de souffrance et parfois tant de désespoir dans la société que l’urgence s’est pratiquement installée partout.» Mais il semble que les effluves enivrants du pouvoir rendent amnésiques.

Parce que tous les engagements souscrits par le nouvel élu  auprès du peuple son vite rangés aux oubliettes une fois les grilles du palais franchies. C’est comme la seule et unique preoccupation des dirigeants est avant tout de se servir et servir son clan. C’est comme si le gagner ensemble et gouverner ensemble théorisé dans l’opposition se muait une fois au pouvoir en gagner ensemble et se gaver ensemble. Car  malgré deux alternances censées mettre un terme à la dilapidation de nos maigres deniers, il semble que la saignée continue de plus belle.

Aussi bien sous Wade que sous Macky Sall, des individus pauvres comme Job sont devenus au contact du pouvoir, riches comme Crésus. En 2000, Wade avait promis de mener des audits sans complaisance et de sanctionner tous ceux qui se seraient rendus coupables de détournements de deniers publics. Après les convocations intempestives à la Division des investigations criminelles des dignitaires socialistes qui venaient fraichement d’être congédié par le peuple, il a fini par faire des audits un instrument de chantage pour neutraliser ses adversaires. Ainsi avait-il fini par mettre les rapports  sous le boisseau pour ouvrir les portes de son parti à tous les prédateurs dans le seul souci de massifier son parti. Comme s’il avait du mal à couper le cordon ombilical  qui le liait d’avec son ancienne formation politique, Macky Sall a lui aussi marché sur les traces de son maitre et formateur.

Il a non  seulement mis un coup de frein sur la traque des biens mal acquis engagée  à grand renfort de pub mais il aussi mis   le coude sous les dossiers compromettants   et  encouragé la transhumance,  après avoir traité les transhumants de rats. Aujourd’hui il  leur ouvre grandement ses portes tout  en magnifiant le courage de ceux qui le rejoignent malgré «le terrorisme intellectuel qui prévaut dans ce pays.» Si ce n’est pas  prendre ses compatriotes pour des demeurés, ça y ressemble fort !  Aujourd’hui, peut-on parler d’Alliance pour la République alors que ceux qui sont aux commandes ont supprimé le mérite républicain au profit d’un vulgaire système de privilèges fondé sur le népotisme et le militantisme politicien ? En tout cas pour qu’un véritable changement puisse se produire, il faudrait véritablement l’émergence d’une vraie conscience citoyenne qui fera prendre conscience aux élites dirigeantes que leur rôle est de servir les populations  et non  se servir d’elles pour parvenir à leurs fins.

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