Le gouvernement du Sénégal et le secteur privé ont franchi une étape majeure dans la lutte contre le chômage avec la signature de la nouvelle convention nationale État-employeurs, baptisée « And Yombal Xey ». Cette initiative marque un tournant stratégique dans la politique de promotion de l’emploi, en particulier pour les jeunes.
Prenant la parole lors de la cérémonie officielle, le ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Moustapha Ndiack Sarré, a souligné la portée historique de cet accord. « L’acte que nous posons aujourd’hui dépasse largement un simple engagement administratif. Il s’agit d’un moment fondateur dans la construction d’un pacte national pour l’emploi », a-t-il déclaré.
« Nous ne sommes pas dans une logique de dépense, mais d’investissement dans le capital humain »
La convention, qui repose sur un partenariat renforcé entre l’État, le secteur privé et les partenaires sociaux, s’inscrit dans la dynamique de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui place l’emploi au cœur des priorités de développement.
Selon Ndiack Sarré, la jeunesse sénégalaise apparaît comme la principale bénéficiaire au cœur de cette réforme. Il a aussi indiqué que les autorités entendent transformer ce potentiel démographique en moteur de croissance économique. « Cette convention ouvre de nouvelles perspectives. Il appartient désormais aux jeunes de saisir ces opportunités avec engagement et ambition », a-t-il lancé.
Pour sa part, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a insisté sur la dimension économique de cette réforme. Il a affirmé : « Nous ne sommes pas dans une logique de dépense, mais d’investissement dans le capital humain. L’emploi des jeunes est un enjeu de souveraineté économique et de stabilité sociale ».
Pour sa part, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Olivier Boucal, a salué « une étape décisive dans la consolidation du partenariat public-privé au service de la croissance inclusive ».
Il a indiqué que la nouvelle convention introduit plusieurs innovations majeures visant à améliorer l’efficacité des dispositifs d’insertion professionnelle. Elle prévoit notamment le renforcement des programmes d’apprentissage et de qualification, des mesures spécifiques d’appui aux micros, petites et moyennes entreprises, des mécanismes favorisant une insertion professionnelle durable et une meilleure prise en compte de la protection sociale.
« C’est à ce prix que nous pourrons bâtir un marché de travail plus inclusif, plus dynamique et plus résilient »
La convention ambitionne également de mieux adapter les compétences des jeunes aux besoins du marché du travail, dans un contexte marqué par la transformation numérique et l’émergence de nouveaux secteurs. « Nous devons, ensemble, veiller à ce que cet instrument produise des résultats concrets et mesurables. C’est à ce prix que nous pourrons bâtir un marché de travail plus inclusif, plus dynamique et plus résilient », a laissé entendre le ministre.
Le vice-président du Conseil national du Patronat (CNP), Cheikh Tidiane Sy a, quant à lui, salué l’initiative, qu’il considère comme un cadre structurant pour renforcer la coopération avec l’État. Il a réaffirmé l’engagement du patronat sénégalais à contribuer activement à la création d’emplois durables, tout en appelant à une mise en œuvre transparente et efficace du dispositif.
Cheikh Tidiane Sy a également insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux et d’un respect mutuel des engagements, afin de garantir l’impact réel de la convention sur l’insertion des jeunes.
Au-delà de ses aspects techniques, la convention « And Yombal Xey » incarne une vision renouvelée de l’action publique, fondée sur la responsabilité partagée entre les acteurs économiques et sociaux.
Elle vise aussi à poser les bases d’un nouveau contrat social, axé sur la création de richesses, l’inclusion et la justice sociale.




