Depuis l’arrivée de Bassirou Diomaye Faye au pouvoir, le dialogue entre l’État et le secteur privé s’inscrit dans le cadre de l’Agenda national de transformation. Avec le plan de redressement économique et social « Jubbanti Koom », le gouvernement entend notamment renforcer la participation des entreprises nationales à la mise en œuvre des projets et programmes publics.
Le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye a multiplié, depuis 2024, les cadres de concertation avec les organisations patronales. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de maintenir un dialogue régulier avec les acteurs économiques et de les associer aux orientations de la politique économique.
Le 27 février 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, au Grand Théâtre national, une rencontre tripartite réunissant le gouvernement, le patronat et les organisations syndicales. Les échanges ont porté notamment sur la situation économique et financière du pays, les préoccupations des partenaires sociaux et les conditions nécessaires à la stabilité sociale.
Cette rencontre a constitué une étape dans le processus de dialogue avec les partenaires sociaux, qui a notamment conduit à la signature, le 1er mai 2025, du Pacte national de stabilité sociale. Le gouvernement avait alors réaffirmé sa volonté d’inscrire cette concertation dans la durée.
Le secteur privé dans l’Agenda de transformation
La relation entre l’État et les entreprises prend une dimension particulière avec l’Agenda national de transformation. Dans ce cadre, le secteur privé national est appelé à participer davantage à la transformation de l’économie et à la mise en œuvre des politiques publiques.
Cette orientation s’articule avec les objectifs affichés en matière de souveraineté économique, de développement du contenu local et de renforcement du rôle des entreprises sénégalaises. Le dialogue avec les organisations patronales constitue ainsi un moyen d’échanger sur les conditions permettant au secteur privé de prendre part à cette transformation. Le gouvernement souhaite notamment créer un environnement permettant aux entreprises nationales d’investir, de produire, de créer des emplois et de participer davantage aux projets portés par l’État.
« Jubbanti Koom », un cadre de mobilisation des entreprises
Cette relation entre les pouvoirs publics et le secteur privé s’est prolongée avec la présentation du plan de redressement économique et social « Jubbanti Koom ». Le 20 août 2025, Ousmane Sonko a rencontré, à la Primature, les représentants du secteur privé national pour leur présenter les grandes orientations de ce plan. Les échanges ont notamment porté sur la contribution attendue des entreprises à la mise en œuvre du redressement économique et social.
À cette occasion, le gouvernement a indiqué vouloir renforcer la place du secteur privé dans l’opérationnalisation des projets et programmes de l’État. Les organisations patronales ont, de leur côté, exprimé leur volonté de contribuer à la mise en œuvre du plan de redressement et de l’Agenda national de transformation.
« Jubbanti Koom » apparaît ainsi comme un prolongement opérationnel du dialogue engagé avec les entreprises : il ne s’agit plus seulement d’échanger sur les difficultés du secteur privé, mais également d’identifier les conditions de sa participation au redressement et à la transformation de l’économie.
Un dialogue appelé à se poursuivre
Quelques mois après cette rencontre, le chef de l’État a réaffirmé la nécessité de renforcer le dialogue entre l’État et le secteur privé, notamment pour améliorer l’environnement des affaires et contribuer à la relance de l’économie nationale.
Cette démarche s’inscrit dans une continuité. Depuis plusieurs années, les échanges avec le patronat portent sur des préoccupations récurrentes : financement des entreprises, fiscalité, dette intérieure, commande publique, accès au crédit, contenu local, coût des facteurs de production et simplification administrative.
Sous Macky Sall, le dialogue avec le secteur privé était notamment articulé autour de l’investissement, du partenariat public-privé et de l’amélioration du climat des affaires. Avec le régime de Bassirou Diomaye Faye, ces préoccupations demeurent, mais elles sont davantage associées aux notions de souveraineté économique, de patriotisme économique, de contenu local et de transformation structurelle.
De la concertation à la concrétisation
L’enjeu du dialogue État-secteur privé réside désormais dans sa capacité à déboucher sur des mesures concrètes. Pour les entreprises, les questions liées au financement, à la commande publique, à la fiscalité ou encore aux délais de paiement demeurent déterminantes.
Pour le gouvernement, l’enjeu est également de mobiliser les capacités du secteur privé national au service des objectifs de l’Agenda de transformation et du redressement économique.
Dans cette perspective, « Jubbanti Koom » donne au dialogue une dimension particulière : celle d’une mobilisation du secteur privé autour de la mise en œuvre des orientations économiques du nouveau référentiel. La réussite de cette démarche dépendra notamment de la capacité des mécanismes de concertation à produire des décisions et à assurer leur suivi.
Le dialogue entre l’État et les entreprises apparaît ainsi comme un processus appelé à se poursuivre, avec une place désormais plus affirmée accordée au secteur privé national dans la transformation de l’économie.




