La chambre criminelle de Dakar doit prochainement rendre son jugement dans l’affaire dite de «Sos Keur Yeurmandè», dans laquelle Ndella Madior Diouf est l’accusée principale. À l’approche du délibéré, la défense de l’ancienne animatrice et responsable de la pouponnière est montée au créneau pour dénoncer les conditions de maintien en détention de leur cliente.
Lors de l’audience du 28 mai 2026, la chambre criminelle avait accordé une liberté provisoire à Ndella Madior Diouf et à ses coaccusés. Mais cette décision n’a finalement pas été exécutée, suite à l’appel du ministère public. Une situation que dénonce vigoureusement Me Ousseynou Gaye, l’un des avocats de Ndella Madior Diouf.
« Lors de l’audience de la chambre criminelle, les conseils de Ndella Madior ont plaidé et obtenu sa mise en liberté provisoire. La chambre criminelle avait fait droit à la demande en relevant que le maître des poursuites avait requis l’acquittement de l’accusée sur plusieurs chefs d’accusation, tant et si bien que l’affaire avait perdu toute connotation criminelle », a déclaré l’avocat.
Selon Me Gaye, la juridiction avait également retenu que sa cliente présentait « de sérieuses garanties de représentation en justice ». Malgré cela, le parquet a exercé un recours contre la décision. Pour Me Gaye, cet appel ne saurait justifier le maintien en prison de sa cliente. « Outre le fait que ledit recours est inopportun, il y a que, fort curieusement, Ndella est maintenue illégalement et arbitrairement en prison », a soutenu la robe noire.
L’avocat développe, en s’appuyant sur une disposition du Code de procédure pénale. « En effet, seul l’appel dirigé contre les ordonnances de mise en liberté provisoire du juge d’instruction est suspensif. En l’espèce, il s’agit d’un appel dirigé contre un jugement de la chambre criminelle. Or, aucune disposition du Code de procédure pénale, notamment les articles 319 et suivants, ne prévoit qu’en cas d’appel du parquet contre un jugement de la chambre criminelle, le détenu est maintenu en prison », a-t-il expliqué.
La défense estime ainsi que la détention actuelle de Ndella Madior Diouf constitue « une violation grave de la loi ». Me Gaye d’ajouter : « conséquemment, la détention de Ndella Madior constitue une violation grave de la loi qui se révèle être une séquestration d’autant plus inhumaine que notre cliente doit faire face à une urgence médicale », a insisté Me Ousseynou Gaye.
Malgré cette bataille procédurale, la défense se veut optimiste quant à l’issue du délibéré. « Nous avons bon espoir qu’elle recouvrera sous peu la liberté », a conclu l’avocat.


