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Affaire Maty Sarr Niang : Salma Ibrahima Fall dénonce une sanction politique déguisée

Depuis des jours, bien que déconnectée des réseaux sociaux , j’ai suivi avec beaucoup d’amertume la décision du Directeur général de l’Agence d’Assistance à la Securité de Proximité (ASP) , le capitaine Seydina Oumar Touré, de mettre à la disposition des ressources humaines Maty Sarr Niang, jusque-là chargée de communication de l’institution.

Selon les explications avancées, cette mesure serait motivée par une prétendue « exigence de neutralité » de la direction. Un argument qui peine à convaincre et qui soulève de nombreuses interrogations.

Cette décision ne me surprend guère. À vrai dire, beaucoup d’entre nous la voyaient venir depuis l’apparition des tensions au sommet de l’État. Le comportement et la posture du capitaine Seydina Oumar Touré laissaient déjà entrevoir une telle issue. Aujourd’hui, cette décision est la confirmation d’un choix assumé, celui d’afficher son soutien au président Bassirou Diomaye Faye, au détriment d’Ousmane Sonko et de tous ceux qui l’ont soutenu, accompagné et défendu dans les moments les plus difficiles de son parcours politique.

Pourtant, Maty Sarr Niang n’a commis aucune faute professionnelle. Aucune infraction ne lui est reprochée, encore moins une faute lourde pouvant justifier une telle mesure. Personne ne peut sérieusement remettre en cause sa capacité à faire la distinction entre la communication institutionnelle et ses opinions personnelles. Jamais les plateformes de l’Agence d’Assistance à la Securité de Proximité n’ont servi à diffuser des contenus politiques sous sa responsabilité.

Les publications qui lui sont reprochées ont été faites sur ses propres canaux. Elles relèvent de sa liberté d’expression en tant que citoyenne, patriote et journaliste. Elles n’engagent qu’elle-même et ne sauraient être confondues avec la ligne de communication de l’institution.

Dès lors, comment ne pas voir dans cette décision une tentative de museler une voix qui a choisi d’exprimer librement ses convictions ? Beaucoup y verront une stratégie visant à affaiblir progressivement tous ceux qui continuent d’afficher leur proximité avec le Président Ousmane Sonko, un homme qui conserve l’estime et le soutien des Sénégalais attachés à la vérité, à la transparence et à la justice.

Il est d’autant plus difficile de comprendre cette posture lorsqu’elle émane d’un homme qui a lui-même connu l’injustice. Le capitaine Seydina Oumar Touré a bénéficié du soutien de nombreux Sénégalais lorsqu’il traversait des moments difficiles après sa radiation de la gendarmerie. Des citoyens s’étaient mobilisés pour lui, avaient porté sa cause et contribué financièrement à son soutien. C’est pourquoi beaucoup attendaient de lui davantage de retenue et surtout davantage de respect pour les libertés individuelles.

Aujourd’hui, certains ont le sentiment de revivre des pratiques que l’on croyait révolues, des décisions administratives perçues comme des sanctions déguisées contre des opinions exprimées dans le respect de la loi. Vouloir préserver son poste ou s’attirer les faveurs du pouvoir ne devrait jamais conduire à instaurer un climat de peur ou de restriction des libertés au sein d’une institution publique.

Comme le dit l’adage, le pouvoir finit toujours par révéler le véritable visage de ceux qui l’exercent. Les actes posés aujourd’hui permettent déjà aux Sénégalais de se faire une idée de ceux qui sont restés fidèles à leurs principes et de ceux qui semblent les avoir abandonnés au gré des circonstances.

Quoi qu’il en soit, Maty Sarr Niang reste et demeure une patriote engagée, une femme de conviction qui n’a jamais cessé de défendre ses idées et son pays. Son parcours, son courage et sa constance témoignent d’un engagement sincère au service des causes qu’elle estime justes. Une décision administrative ne saurait effacer son droit à l’expression ni remettre en cause les convictions qu’elle porte en tant que citoyenne et journaliste.

Rendez-vous en 2029. Les Sénégalais auront alors l’occasion de porter leur propre jugement sur les choix, les attitudes et les renoncements observés durant cette période. Beaucoup découvrent aujourd’hui des responsables affichant un visage dans l’opposition et un autre une fois aux responsabilités. Le peuple saura reconnaître ceux qui sont demeurés fidèles à leurs engagements et ceux qui auront privilégié leurs intérêts personnels, leurs calculs politiques ou la préservation de leurs privilèges au détriment des aspirations légitimes de la population.

Nous sommes de tout cœur avec notre sœur Maty Sarr Niang.

Salma Ibrahima Fall
Journaliste

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