L’affaire AEE POWER-ASER revient au-devant de la scène. Le député Thierno Alassane Sall s’en prend vivement à José, représentant de l’entreprise espagnole AEE POWER, après son passage sur Walf Quotidien.
Dans une publication au ton particulièrement offensif, Thierno Alassane Sall estime que son interview avec Walf, pensée comme une opération de blanchiment, s’est transformée en de terribles aveux circonstanciés.
« José admet avoir empoché nos 37 milliards, mais refuse de dire où ils sont. Son prétexte ? L’argent serait « réparti dans plusieurs comptes » et « qu’il n’a pas de couleur dédiée à chaque projet ». Un enfumage puéril pour justifier ce que j’ai déjà prouvé : il a dissipé nos 37 milliards à travers le monde, pour d’autres usages », affirme-t-il, contestant les explications avancées par le responsable d’AEE POWER sur la répartition des fonds entre plusieurs comptes et l’absence d’une affectation spécifique de l’argent à chaque projet.
Au cœur de la sortie de Thierno Alassane Sall figure également le niveau d’exécution du programme.
« 26 mois après avoir empoché l’avance, José et ses intervieweurs ont esquivé la question qui fâche : combien de villages électrifiés, 26 mois après avoir empoché les avances ? Moins de 40 villages électrifiés sur les 1 600 prévus ! Pourquoi si peu ? Parce que les milliards ont disparu, malgré l’alerte de la Banco Santander », ajoute-t-il.
Thierno Alassane Sall s’interroge par ailleurs sur une demande attribuée à AEE POWER pour obtenir une nouvelle enveloppe de 55 milliards de francs CFA.
« Quelques semaines après l’arrivée d’un nouveau gouvernement, voilà José qui réapparaît avec les mêmes sornettes pour exiger 55 milliards de rallonge ! Il parie manifestement sur la complaisance des autorités actuelles pour siphonner à nouveau les Sénégalais », confie TAS.
Thierno Alassane Sall interpelle également l’actuel Premier ministre sur le dossier. Il rappelle que celui-ci occupait auparavant les fonctions de secrétaire général du gouvernement et affirme qu’il a été alerté, dès septembre 2024, sur des mouvements qu’il qualifie de suspects concernant AEE POWER.
« Qui mieux que l’actuel Premier ministre peut s’expliquer sur cette affaire ASER ? », s’interroge-t-il en substance.
Cette sortie relance donc le débat sur la traçabilité des 37 milliards de francs CFA, l’état réel d’exécution du projet d’électrification rurale et les conditions dans lesquelles une éventuelle nouvelle enveloppe pourrait être accordée.
Au-delà des déclarations politiques, l’enjeu reste désormais de déterminer, pièces à l’appui, combien de villages ont effectivement été électrifiés, comment les fonds déjà versés ont été utilisés et quelles responsabilités pourraient être engagées en cas d’irrégularités.



