L’accord conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) continue d’alimenter la polémique. Dans une publication faite sur Facebook ce mercredi 2 septembre, Thierno Bocoum, président d’AGIR-LES LEADERS, accuse Ousmane Sonko et l’ancien ministre de l’Économie, Abdourahmane Sarr, de contradictions et de responsabilité dans la situation actuelle.
L’ancien député reproche au président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, d’avoir été « pleinement partie prenante » des négociations avec le FMI durant son passage à la primature. Il accuse également l’ancien Premier ministre d’être à l’origine de la communication sur la « dette cachée », qui aurait contribué à la suspension du précédent programme du FMI et au durcissement des conditions de financement du Sénégal. « Un partenaire à qui on annonce qu’il aurait été trompé sur des données de dette pendant cinq ans ne renégocie pas aux mêmes conditions qu’avant », estime-t-il.
Par ailleurs, M. Bocoum reproche surtout à Sonko de réclamer aujourd’hui la publication du mémorandum alors qu’il n’en aurait publié aucun durant ses deux années à la primature. « Il a “participé pendant de longs mois à ces discussions”. Il était donc pleinement partie prenante, en tant que chef du gouvernement, de l’ensemble des conditionnalités requises pour le programme qu’il négociait », rappelle-t-il.
Quant à l’ancien ministre de l’Économie, Abdourahmane Sarr, Thierno Bocoum l’accuse de se contredire sur la question de la soutenabilité de la dette. L’ancien député rappelle qu’en octobre 2025, alors qu’il était ministre, Abdourahmane Sarr avait réaffirmé « le caractère soutenable de la dette publique ». En février 2025, il qualifiait également de « crédible » la trajectoire de réduction de la dette portée par le gouvernement.
Pour le président d’AGIR-LES LEADERS, ces déclarations contrastent avec la position désormais rapportée de l’ancien ministre sur les discussions avec le FMI. « Celui qui défendait encore officiellement la soutenabilité de la dette lorsqu’il était ministre doit aujourd’hui expliquer pourquoi il considère que le même stock de dette justifie désormais un traitement destiné à en rétablir la viabilité », soutient-il.
Cependant, si Thierno Bocoum estime que les deux anciens membres du gouvernement sont mal placés pour donner des leçons sur le dossier, il réclame néanmoins de la transparence sur l’accord annoncé entre le FMI et le Sénégal. Il demande la publication du mémorandum de politiques économiques et financières ou, à défaut, sa transmission à l’Assemblée nationale, afin qu’un débat puisse être organisé sur les engagements pris au nom des Sénégalais.


