« Nous n’accepterons pas cela. Les mobilisations ont commencé et continuerons de plus belle », a averti Soulemane Guèye, délégué général du Frapp.
Lors d’une conférence de presse tenue mercredi 2 septembre, le Front pour une révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine a dénoncé une « forfaiture » du Fonds monétaire international. Le mouvement demande au gouvernement de suspendre toutes les mesures prévues par l’accord de principe conclu avec le Sénégal pour le déblocage de 1 243 milliards de FCFA entre 2026 et 2029.
La contestation intervient alors qu’une mission du FMI est annoncée à Dakar pour discuter des perspectives économiques et des besoins de financement du pays. Pour le Frapp, l’enjeu est d’autant plus sensible que la dette publique réévaluée atteignait 99,67 % du PIB à la fin de 2023. La suspension de l’accord financier est ainsi présentée comme un moyen d’éviter un nouvel alourdissement de la dette, selon Rewmi.
Le mouvement a appelé les députés à placer la dette publique et les relations avec le FMI au cœur des discussions lors du débat d’orientation budgétaire. Il critique également le report à 2029 de l’objectif de déficit budgétaire fixé à 3 % du PIB, qu’il considère comme une nouvelle contrainte imposée au pays.
« Nous appelons toutes les forces vives de la Nation pour ne pas laisser passer cette forfaiture », a déclaré Soulemane Guèye. Selon le délégué général, cet accord revient à « sacrifier 11 millions de ménages pour faire plaisir aux créanciers » et à faire du Sénégal un « laboratoire » avec la « complicité » du FMI. Il réclame plutôt des concertations nationales afin d’identifier des solutions endogènes à la crise financière.
Soulemane Guèye affirme aussi que l’institution « sait que la restructuration ne marche pas » et l’accuse de servir l’impérialisme. Après l’accord, Cheikh Diba, ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, avait rejeté l’idée d’une restructuration et parlé d’un « Plan de traitement de la dette ».
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