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Abdourahmane Sarr (ministre de l’Economie) : « L’Afrique ne manque ni d’opportunités, ni d’entrepreneurs, ni de ressources »

Le continent africain ne manque ni d’opportunités, ni d’entrepreneurs, ni de ressources. Mais, les économies des pays restent confrontées à une difficulté majeure ; celle de transformer le potentiel économique en investissements massifs, durables et productifs. C’est ce qu’a relevé lundi, le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, Abdourhamane Sarr, lors de la Conférence internationale sur la Garantie financière. 

Pendant longtemps, les mécanismes de garantie africaines ont principalement accompagné le financement du commerce et des activités à rotation relativement rapide.

« L’Afrique ne manque ni d’opportunités, ni d’entrepreneurs, ni de ressources. Mais nos économies restent confrontées à une difficulté majeure : transformer le potentiel économique en investissements massifs, durables et productifs », a relevé le ministre de l’Economie, Abdourahmane Sarr, lundi, lors de la cérémonie d’ouverture de la Conférence internationale sur la Garantie financière.

En réalité, reconnait le ministre le problème africain n’est pas seulement un problème de financement. Car, signale-t-il, de l’argent, « il y en a assez dans le monde ». Le problème africain est un problème de structuration des projets, de partage du risque, de profondeur des marchés financiers, et de capacité à mobiliser le capital vers les secteurs productifs de long terme.

Au fond, note le ministre, le sujet de cette conférence dépasse largement la seule question de la garantie financière. Il touche directement à notre capacité collective : « à industrialiser nos économies ; à financer nos infrastructures stratégiques ; à soutenir nos entreprises ; à renforcer notre souveraineté économique et à créer davantage de valeur ajoutée sur notre continent ».

Les pays africains invités à renforcer leur résilience économique

« Les institutions de garantie africaines doivent évoluer. Elles ne peuvent plus être considérées uniquement comme des instruments techniques d’atténuation du risque bancaire. Elles doivent désormais devenir de véritables instruments de transformation productive, de mobilisation de l’investissement privé et de structuration des économies africaines », a-t-il dit.

En réalité, indique le ministre de l’Economie, le contexte international renforce cette exigence. Selon lui, les tensions géopolitiques, les recompositions des chaînes de valeur mondiales, le durcissement des conditions financières internationales ainsi que les vulnérabilités climatiques obligent désormais les pays africains à renforcer leur résilience économique.

Cela suppose, pour lui, « des Etats stratèges, des politiques industrielles cohérentes, des infrastructures de qualité, mais également un secteur privé africain fort, compétitif et mieux financé ».

Ainsi, le ministre Abdourahmane Sarr soutient que la Zone de libre échange continental africain (Zlecaf) ouvre à cet égard des perspectives historiques. Mais l’intégration commerciale ne suffira pas à elle seule. Sans capacités productives compétitives, sans financement adapté et sans entreprises locales suffisamment solides, le risque est de voir persister les déséquilibres entre économies africaines.

Nécessité d’une coopération renforcée entre les fonds nationaux de garantie

« Nous devons donc bâtir de véritables écosystèmes de financement du développement africain. Cela implique une coopération renforcée entre les fonds nationaux de garantie, les fonds multilatéraux, les banques, les investisseurs institutionnels, les banques de développement, et les acteurs privés », a-t-il affirmé.

Ainsi, il signale que l’objectif doit être clair : réduire le coût du capital pour les entreprises africaines, mieux partager le risque et orienter davantage de ressources vers l’investissement productif.

Sur ce, il a relevé que le Sénégal accorde une importance particulière à ces enjeux. Dans le cadre de la Vision Sénégal 2050, l’Etat a placé la transformation structurelle de l’économie par une transformation systémique mettant le développement du secteur privé, l’industrialisation et le financement innovant au cœur de ses priorités stratégiques.

« Nous croyons qu’aucune transformation durable ne peut être réalisée sans un secteur privé national fort, des institutions financières solides, et des mécanismes efficaces de partage du risque. Nous croyons également que l’Afrique doit davantage mobiliser ses propres capacités financières, mutualiser ses instruments et construire progressivement des architectures financières adaptées à ses réalités et à ses ambitions », a-t-il soutenu.

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