Dans une déclaration publiée ce 4 juin 2026 à Dakar, un collectif de 100 organisations de la société civile et mouvements de femmes a exprimé sa vive préoccupation face à la faible proportion de femmes au sein de la nouvelle équipe gouvernementale. Pointant du doigt un recul par rapport aux engagements nationaux et internationaux du pays, ces structures appellent les plus hautes autorités de l’État à des mesures correctives immédiates pour garantir une gouvernance inclusive.
Une représentativité jugée alarmante au sein de l’exécutif
Le collectif de signataires, parlant « au nom des Organisations de femmes sénégalaises, des Mouvements de la Société civile, des Organisations solidaires du combat des femmes de notre pays pour l’égalité, la justice, la parité et l’inclusion », dresse un constat chiffré sévère sur la composition de l’équipe ministérielle actuelle. L’organisation relève que « sur un gouvernement composé de trente (30) ministres, seules quatre (4) femmes y figurent, dont deux occupent des postes de ministres déléguées ».
Au-delà de la faiblesse numérique, la nature des portefeuilles attribués soulève également des critiques, les signataires constatant « avec préoccupation qu’aucune femme n’est à la tête d’un ministère de souveraineté ». Pour ces organisations, « ce chiffre est alarmant et ne reflète aucunement le niveau de compétence et d’expertise des femmes sénégalaises ». Elles rappellent que ces dernières sont pourtant « présentes dans tous les secteurs de la vie nationale et très remarquées et respectées sur la scène internationale ».
Le viol des engagements juridiques et de l’équité sociale
Le plaidoyer des 100 organisations repose sur une réalité démographique et des textes de loi précis. Le texte souligne que « alors que les femmes constituent près de la moitié de la population sénégalaise et jouent un rôle déterminant dans le développement économique, social et politique du pays, leur présence dans les instances suprêmes de décision demeure largement insuffisante ». Cette situation contredit directement les standards légaux puisque la composition gouvernementale « ne reflète ni les engagements du Sénégal en matière d’égalité de genre, et les instruments internationaux ratifiés par notre pays ».
Pour la société civile, la question dépasse le simple cadre comptable. Elle affirme que « l’accès équitable des femmes aux postes de décision n’est pas seulement une question de justice sociale : c’est une condition essentielle pour une gouvernance inclusive, efficace et réellement représentative des réalités du peuple sénégalais ». Le collectif ajoute que « rien ne justifie leur sous-représentation persistante aux plus hautes sphères du pouvoir ».
Les exigences de la société civile et la demande d’audience présidentielle
Face à ce déséquilibre, les signataires lancent un appel solennel aux autorités étatiques articulé autour de quatre exigences fondamentales de gouvernance.
Premièrement, ils demandent de « prendre des mesures correctives immédiates afin de renforcer significativement la présence des femmes dans les postes ministériels et dans les hautes fonctions publiques ».
Deuxièmement, ils exigent de « respecter l’esprit et la lettre de la loi sur la parité, ainsi que les engagements internationaux du Sénégal en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes ».
Troisordinairement, l’appel invite à « mettre en place des mécanismes institutionnels garantissant une participation effective et durable des femmes aux processus de décision politique ».
Quatrièmement, il convient de « valoriser pleinement les compétences féminines dans tous les secteurs stratégiques de la gouvernance des institutions publiques de la nation ».
Réitérant leur « pleine disponibilité à travailler avec les institutions de la République », les organisations formulent une démarche d’ouverture envers le pouvoir exécutif. Elles expriment leur « volonté constructive de rencontrer le Président de la République » dans le but de « lui présenter un tableau complet des préoccupations légitimes des Femmes sénégalaises » et de formuler des propositions concrètes. Le communiqué conclut avec fermeté que « l’avenir radieux du Sénégal, de toute évidence, ne peut se construire sans la pleine participation des femmes à tous les niveaux de décision ».




