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Procès Imam Ndao : « J’ai prié pour que les djihadistes vainquent et… »

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Quatrième jour du procès de l’Imam Alioune Ndao et de ses coaccusés. Ce jeudi, Abdou Akhim Mbacké Bao et Saliou Ndiaye, alias Baye Zale sont passés à la barre. Le dernier nommé, commerçant, a avoué devant la cour, son désir de rejoindre la Syrie pour apporter son soutien aux combattants comme « un casque blanc ».

Baye Zale a reconnu appartenir à une entité favorable au djihadisme, la « Ahlul Sunnah wal Jamaha » (Les gens de la Sunnah et de l’Unité des musulmans) dirigée par plusieurs leaders. « Les dirigeants de cette doctrine sont nombreux au Sénégal. L’imam Alioune Ndao, Docteur Ahmed Lo et Cheikh Assane Ka sont les seuls dirigeants que je connaisse », a confié l’accusé aux juges.

Ces derniers, lors de les débats, ont rappelé à l’accusé les propos tenus devant le magistrat instructeur. Baye Zale avait fait part de son désir de mener la guerre sainte.  » Le contexte pour faire le jihad au Sénégal n’était pas favorable. Mais s’il l’était, je serai prêt pour faire le djihad », a-t-il dit.

Interrogé par le substitut du procureur, il a avoué avoir « prié que les djihadistes sortent vainqueurs de leur combat contre les militaires ».

« Dans mon entendement, jihad ne traduit pas forcément l’usage de la violence. J’estime que tout effort salué par la religion musulmane est assimilable au jihad ».

« Je voulais me rendre en Afghanistan »
Saliou Ndiaye, poursuivi pour financement et apologie du terrorisme, a confié avoir aidé Bao dans son projet de jihad. « Je ne nie pas que j’ai offert de l’argent à Abdou Akim Mbacké Bao qui m’avait auparavant manifesté son désir d’aller faire du jihad. Moi, je voulais me rendre en Afghanistan. Mais, l’imam Ndao m’en a dissuadé. Bao, lui a voulu y aller. On s’est disputé. Moi, j’estime qu’on l’a abandonné au Nord du Mali mais que sa destination finale était l’Afghanistan. Je lui ai offert les 10 000 F CFA pour lui prouver que je ne lui en voulais pas », a-t-il dit.

Au fil des débats, l’accusé a aussi reconnu avoir nourri l’ambition de se « rendre en Afghanistan pour apporter aux combattants ».

Concernant sa relation avec l’Imam Ndao, Baye Zale s’est montré très prolixe. « L’Imam Ndao est mon guide. Nous sommes voisins. Je ne le connaissais pas seulement à travers ses prêches. Je déjeunais avec lui. Il nous arrivait de discuter. Né à Sarah, c’est en 2002 que j’ai déménagé pour venir m’installer à Touba Ndorong (Kaolack). J’allais prier derrière lui, tous les vendredis. Ses prêches m’ont convaincus. Il alliait la parole et le geste. J’ai alors compris que le suivre ne mènerait pas à ma perte. Ses prêches étaient en adéquation avec l’actualité, voilà pourquoi je me retrouvais dans ses dires », a déclaré l’accusé avec émotion.

« Je suis prêt à sacrifier ma vie »
Des réponses qui n’ont pas satisfait le procureur qui a cherché à connaître la nature exacte de leur amitié. « Notre relation est née au cours d’une rencontre inattendue. Ce jour-là, c’est lui qui est venu vers moi et m’a fait savoir que mon visage lui rappelait quelqu’un. Je lui ai alors dit que je fréquentais la mosquée qu’il dirige tous vendredis. Là, il m’a demandé mon nom. Comme il a une bonne mémoire, il ne l’a pas oublié. C’est comme cela qu’est née notre relation », sert Baye Zale.

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« Il a commencé à m’appeler Baye Saliou. Il m’a ensuite manifesté une simplicité notoire. J’ai fini par trouver du plaisir à aller le voir et à discuter avec lui. On déjeunait le plus souvent ensemble. Et plus tard, lorsque j’ai pensé à mener le Jihad, je lui ai fait part de mon projet. Il m’en a dissuadé. A dire vrai, je ne lui connais pas de propos ou d’actes violents. Jamais dans ses prêches, je ne l’ai entendu promouvoir la violence », a-t-il confié.

« Je plaide l’application de la charria »
Interrogé sur ses idéaux islamiques, Baye Zale s’est exprimé sur le sens du jihadisme. « C’est le fait de faire des efforts. Et comme je suis musulman, je plaide l’application de la charria. Je pense qu’il nous faut convaincre les populations d’aller vers son application. Je crois que si cela était appliqué, on allait faire comme le Prophète (Psl) et ses voisins non musulmans à la Mecque. Les minorités auraient les mêmes droits que les musulmans. La seule différence, c’est que les non-musulmans seraient obligés de payer des impôts parce que leur sécurité serait assurée », plaide Ndiaye.

Qui se dit prêt à prendre les armes pour soutenir les combattants de l’islam. « Oui, si c’est dans le cadre d’une cause favorable à l’islam je suis prêt à sacrifier ma vie. On m’avait demandé de trouver un visa pour la Turquie afin d’aller en Syrie. Mais ce projet n’a pas abouti. On a rejeté ma demande de visa, deux fois », soutient-il.

Auteur: Youssoupha Mine – Seneweb.com

Révélations d’un procès : Collusion de la bande à l’Imam Ndao avec Aqmi et Boko Haram

Seule certitude pour l’heure : l’Imam Ndao et Cie ont reçu du soutien. Leur procès se poursuit devant la Chambre criminelle spéciale, où ils sont attraits, pour financement du terrorisme, acte de terrorisme par menace, blanchiment d’argent, etc. Les accusés ont avoué, dès le début de l’interrogatoire, l’aide de proches, mais aussi de réseaux criminels dont ont bénéficié des sénégalais candidats au djihadisme.

Pour retourner au bercail en ordre dispersé, Abdou Akim Bao, Makhtar Diokhané, Ibrahima Diallo, Saliou Ndiaye, entre autres, ont manifestement bénéficié de plusieurs réseaux de soutien. Il avait des amis issus du milieu des terroristes, d’autres du milieu de la radicalisation islamiste et puis les leaders de Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et de Boko Haram.

Les suspects apparaissent, à ce stade du procès, comme ayant eu un rôle central dans la constitution des commandos et la préparation logistique d’un projet d’attentats, dont la cible est restée secrète. Ce qui frappe, c’est d’abord la collusion entre les accusés et Abdelmalek Droukdel, sur qui pèse des soupçons de financement d’un groupe terroriste.
Il ressort de l’ordonnance de renvoi que des chefs de sectes djihadistes ont transmis de l’argent à certains membre de la bande de l’Imam Ndao pour continuer à faire fonctionner leur réseau. La deuxième épouse de Makhtar Diokhané a révélé mercredi l’existence d’une enveloppe de 22 000 Euros, reçue d’un chef de la secte Boko Haram. Selon son mari, qui se réclame djihadiste, l’argent devait servir à un travail qui allait se faire au Sénégal. En réalité, l’argent venait de Abubakr Sheikau.
Coumba Niang a reconnu avoir distribué plusieurs sommes d’argent à des amis de son mari, dont Latir Niang, Aboubakri Guèye et Ibrahima Diallo. Ces accusés avaient eu connaissance d’un accord et du danger qu’ils ont pu faire courir au Sénégal, selon le parquet. Les interrogatoires ont mis en lumière de « troubles arrangements » entre les organisations terroristes Boko Haram et Aqmi en collusion avec l’Imam Ndao et Cie…

DAKARACTU

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