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Université Cheikh Anta Diop de Dakar : le SUDES/ESR salue la délocalisation mais rejette un commissariat au campus social

À Dakar, le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal (SUDES/ESR), section de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a réagi aux récentes orientations gouvernementales concernant la réorganisation de l’espace universitaire. Dans un communiqué rendu public ce 27 février 2026, le syndicat affiche une position nuancée : il se félicite du projet de délocalisation de certaines filières tout en exprimant de fortes réserves sur l’installation annoncée d’un commissariat de police au cœur du campus social.

Une délocalisation jugée nécessaire pour désengorger l’université

Le SUDES/ESR estime que la volonté des autorités de transférer certaines composantes de l’université vers de nouvelles infrastructures constitue une réponse pertinente à la saturation des amphithéâtres et aux perturbations répétées du calendrier académique. Selon le syndicat, cette orientation rejoint d’ailleurs des propositions déjà formulées dans son cahier de doléances transmis aux autorités universitaires et ministérielles en mai 2025.

Toutefois, les enseignants du supérieur appellent à des mesures transitoires urgentes afin d’atténuer la pression démographique sur l’institution. Parmi les solutions proposées figurent un moratoire d’un an sur les nouvelles orientations dans les filières les plus saturées ainsi que le recours à des infrastructures locatives temporaires dans la région de Dakar pour accueillir certaines activités pédagogiques. L’objectif affiché est d’éviter la coexistence de plusieurs promotions dans un même niveau d’étude et d’améliorer les conditions d’encadrement.

Inquiétudes face à un projet sécuritaire sur le campus social

Si le syndicat approuve la réforme académique, il exprime en revanche une « profonde inquiétude » concernant le projet d’implantation d’un commissariat de police à l’intérieur du campus social. Le SUDES/ESR considère qu’une telle initiative privilégie une approche sécuritaire au détriment du dialogue universitaire. Le syndicat craint notamment une montée des tensions et une transformation de l’espace universitaire en zone de confrontation.

Dans son argumentaire, l’organisation souligne qu’il n’existerait pas de précédent comparable d’installation permanente d’un commissariat national au sein des cités universitaires. En alternative, le syndicat recommande plutôt le renforcement des capacités des agents du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) afin de mettre en place une véritable police universitaire de proximité, adaptée aux réalités sociologiques du milieu estudiantin. Réaffirmant sa disponibilité au dialogue avec les autorités du Sénégal, le SUDES/ESR insiste sur la nécessité de privilégier la concertation pour garantir la réussite des réformes engagées dans l’enseignement supérieur.

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