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Starlink au Sénégal : Les opérateurs dénoncent un déséquilibre réglementaire et financier

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a coordination des syndicats des opérateurs de télécommunications du Sénégal conteste vivement les conditions d’entrée de Starlink sur le marché national. Elle critique le choix des autorités d’accorder à l’entreprise un régime d’autorisation, alors que, jusqu’en 2017, les fournisseurs d’accès à Internet étaient soumis à un régime de licence, plus contraignant et plus coûteux. Selon les syndicats, assimiler Starlink à un simple FAI local constitue une erreur, car l’entreprise dispose de sa propre infrastructure satellitaire et peut concurrencer directement les opérateurs établis comme Sonatel, Yass Sénégal et Expresso Sénégal.

Ils rappellent que ces opérateurs ont payé des montants très élevés pour leurs licences et fréquences  jusqu’à 100 milliards de FCFA pour certaines concessions  et estiment qu’un ticket d’entrée d’au moins 30 milliards de FCFA aurait dû être exigé de Starlink afin de garantir l’équité concurrentielle et préserver les recettes publiques. Selon leurs projections, si l’entreprise capte une part significative du marché des Sénégalais encore non connectés, elle pourrait générer plus de 1 000 milliards de FCFA de chiffre d’affaires sur cinq ans.

Les syndicats contestent également les chiffres avancés par le ministre concernant un taux de pénétration d’Internet de 40 %. Ils soutiennent que ce taux concerne uniquement l’Internet fixe et qu’en intégrant le mobile, la pénétration dépasserait les 100 %, grâce à la multi-détention de cartes SIM. S’ils reconnaissent l’existence de zones blanches, ils estiment que les investissements réalisés dans la 4G et la 5G ont considérablement amélioré la couverture nationale.

L’autre point central est la gestion des fonds du service universel. Les opérateurs versent une Contribution spéciale sur les services de télécommunications (CST), qui aurait permis de collecter plus de 200 milliards de FCFA. Ils demandent des éclaircissements sur l’utilisation de ces montants et s’interrogent sur la pertinence d’invoquer la couverture des zones blanches pour justifier l’arrivée de Starlink, alors que ces ressources étaient précisément destinées à combler ce déficit.

Enfin, la coordination met en garde contre les risques liés à la souveraineté numérique. Elle souligne qu’un acteur privé étranger, fondé par Elon Musk, pourrait, en cas de tensions, exercer une influence stratégique sur la connectivité nationale. Pour les syndicats, le débat dépasse la concurrence commerciale : il concerne la réforme du Code des communications électroniques, la protection des investissements locaux et la préservation des intérêts économiques et stratégiques du Sénégal

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