Le Secrétaire exécutif du Programme national de développement local (Pndl), Papa Alioune Koné, dit avoir corrigé des impairs et inégalités ayant permis de rétablir l’équité entre les collectivités territoriales. Dans cet entretien, il évoque aussi des réalisations majeures avec 4 milliards de FCfa mobilisés courant 2025 pour appuyer 200 de ces entités locales.
Pouvez-vous revenir sur vos réalisations majeures après 18 mois de gestion ?
C’est une période intéressante en ce sens que lorsque nous sommes venus, en septembre 2024, nous avons, dans le cadre du « Jubanti », corrigé des impairs trouvés sur place. Nous avions trouvé des collectivités territoriales qui étaient restées plus de 10 ans sans bénéficier de l’accompagnement du Programme national de développement local (Pndl). Pour rétablir l’équité entre les villes et les villages, nous avons listé ces communes et Conseils départementaux oubliés qui étaient au nombre de 100. Après le recensement, nous avons ensuite investi plus de deux milliards de FCfa dans ces villes, villages et départements pour les accompagner à réaliser des infrastructures et des projets. Ces réalisations impactent, aujourd’hui, un nombre important de populations. Elles ont permis de dérouler 160 projets et de toucher divers secteurs. Nous avons dépensé 543 millions de FCfa pour 69 projets dans l’éducation, 114 millions de FCfa dans l’énergie et 215 millions de FCfa dans l’agriculture et l’élevage pour 19 projets. Le fonds destiné à l’agriculture et à l’élevage a permis d’appuyer près de 600 maraîchers et 1.500 éleveurs en termes de renforcement des capacités.
Combien avez-vous investi en 2025 ?
Pour l’année 2025, nous avons investi 4 milliards de FCfa dans 200 institutions locales. Actuellement, ces structures sont en train de mettre en œuvre des projets. Au total, nous avons accompagné plus de 300 collectivités à travers près de 500 projets destinés à sortir les populations du monde rural de la pauvreté et à leur garantir des infrastructures de base.
Quel est le rôle du Pndl dans la politique de décentralisation ?
Le Pndl est logé au ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires. Il vise à accompagner les collectivités territoriales à accéder à des infrastructures minimales de base. C’est pourquoi, au sein du programme, nous avons trois composantes : la promotion du développement territorial, la gouvernance et la compétitivité territoriale ainsi que la gestion et la coordination du programme qui permet de mettre en place des stratégies pouvant gérer administrativement la structure. Il faut savoir que le Pndl reste un outil de la décentralisation, qui permet aux collectivités territoriales d’accéder aux infrastructures minimales de base, surtout les communes qui sont dans des zones défavorisées. Ce faisant, il est devenu le moteur de la décentralisation, en ce sens que le ministère des Collectivités territoriales l’a doté de moyens importants pour accompagner les mairies et les conseils départementaux.
Qu’en est-il de l’appui financier aux collectivités territoriales ?
Le Pndl est l’un des rares programmes qui font de l’appui budgétaire. Ce mécanisme consiste à soutenir les communes et les Conseils départementaux, à travers leur budget, en apportant une contribution dans la réalisation d’infrastructures locales. Nous appuyons également les acteurs locaux sur le plan technique avec les Agences régionales de développement (Ard). Ces entités constituent les bras techniques du Pndl. Nous comptons d’ailleurs sur les Ard pour accompagner les collectivités territoriales, afin que leurs ressources financières soient utilisées à bon escient. Les collectivités territoriales ont besoin de l’accompagnement de l’État, car beaucoup d’entre elles ont du mal à mobiliser des ressources financières. C’est pour cela que l’État a mis en place ce programme pour les accompagner.
Il faut le rappeler, le Pndl est dans la promotion du développement local. Ce volet est important, car beaucoup de communes et de Conseils départementaux du monde rural ont des besoins primaires comme l’électricité, l’eau potable, l’éducation, la santé. Le Pndl développe aussi des outils financiers durables au profit des collectivités territoriales. Cette branche vise à faciliter aux communes et aux villages l’accès à des outils pouvant leur permettre de mieux se développer grâce aux renforcements des capacités des acteurs territoriaux. C’est important parce que ce sont des outils qui permettent aux communes d’accéder à leur souveraineté locale.
La mise en place des Pôles territoires est un moment important de la décentralisation de notre pays. Où en êtes-vous avec cette réforme majeure ?
Aujourd’hui, le Pndl est au cœur de la mise en place des Pôles territoires. Ces nouvelles entités visent certes l’aspect économique des localités, mais on ne peut pas les mettre en place sans que les régions qui les composent ne puissent disposer d’infrastructures. Mais, il peut y avoir des problèmes économiques. Donc, nous nous sommes bien préparés. Le Pndl y est et son personnel est en train d’accompagner la mise en place et la réalisation des Pôles territoires. Après leur mise en service, il jouera un rôle important. Le ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires est en train de renforcer les capacités et les aptitudes du Pndl en vue de mieux soutenir les collectivités qui sont dans les Pôles territoires.
Pouvez-vous revenir sur vos réalisations dans l’accompagnement des collectivités territoriales pour des ressources humaines de qualité ?
Dans le cadre de la deuxième composante du programme relative à la gouvernance et à la compétitive territoriales, nous procédons au renforcement des capacités des acteurs. En 2025, nous l’avons fait dans plusieurs régions et communes. Des innovations ont été initiées en faisant des renforcements des capacités sur les fonds climats en faveur des élus locaux et des acteurs de l’éducation de Diourbel et Fatick ; ce qui leur a permis de mieux comprendre et de s’approprier les questions liées aux changements climatiques.
On annonce la grande réforme de l’Acte 4. Quel rôle allez-vous y jouer ?
Nous avons initié beaucoup de rencontres sur l’Acte 4 et les Pôles territoires, afin que les acteurs déconcentrés et décentralisés aient une bonne compréhension de cette quatrième grande réforme de la décentralisation et se l’approprient. Cela est d’autant plus important qu’avec cette réforme, des structures étatiques comme le Pndl pourront investir dans le capital humain. Ainsi, elles pourront mieux comprendre ce que le gouvernement va faire prochainement.
Le budget du Pndl pour appuyer les collectivités territoriales est-il suffisant ?
Nous sommes sous la tutelle du ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires qui est chargé de la décentralisation, mais reste confronté à une augmentation des besoins et des populations. Donc, le budget d’un milliard ne suffit pas pour satisfaire tous les besoins. Cependant, l’État a fait beaucoup d’efforts entre 2024 et 2025. Des prévisions sont aussi faites pour 2026 en vue d’augmenter le budget du Pndl. Nous sommes également en train de chercher, dans le cadre du financement endogène, des partenaires locaux et d’autres associés stratégiques pour mieux accompagner les collectivités. Il y a aussi des concertations avec des communes sur des possibilités de travailler avec des entreprises privées de leur localité. Cela nous permettra de voir ensemble les modalités endogènes de leur accompagnement.





