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Rufisque : “Docteur avortement” démasqué, la Cybercriminalité frappe un réseau clandestin sur TikTok

Division spéciale de lutte contre la (Dsc)
Division spéciale de lutte contre la (Dsc)

À Rufisque, un réseau structuré de vente illégale de médicaments abortifs a été démantelé par la Division spéciale de lutte contre la Cybercriminalité (Dsc). L’affaire,met en lumière l’utilisation du compte TikTok « Docteur avortement » pour promouvoir et commercialiser du Misoprostol 200 mcg, une molécule aux effets abortifs.
 
 Rufisque, épicentre d’un trafic numérique
 
C’est à Rufisque, précisément dans le quartier de Fass, que les enquêteurs ont identifié le principal administrateur du compte incriminé. les cyber-patrouilles menées dans le cadre de la surveillance permanente du web, renforcées par l’exploitation des signalements enregistrés sur la plateforme nationale dédiée, ont permis de remonter jusqu’au nommé I.F., alias « Kara ».
 
Présenté comme l’architecte du dispositif, il administrait personnellement le compte TikTok « Docteur avortement », publiant des annonces promotionnelles relatives au Misoprostol et orientant les clientes vers WhatsApp pour finaliser les transactions.
 
 Une organisation bien rodée
 
Les investigations techniques approfondies ont révélé un système organisé. Le mis en cause utilisait de faux comptes TikTok et WhatsApp afin de masquer son identité et éviter toute traçabilité.
 
L’enquête a également permis d’identifier :
•  Un fournisseur présumé basé à « Keur Serigne Bi » à Dakar, soupçonné d’approvisionner le réseau en médicaments ;
•  Un livreur, M.D., interpellé en flagrant délit alors qu’il effectuait une livraison.
 
Dans son sac, les enquêteurs ont découvert trois boîtes de Misoprostol 200 mcg. Il aurait reconnu exercer cette activité depuis plusieurs mois, percevant une commission sur chaque transaction avant de reverser le reste aux autres membres du réseau.
 
Cinq femmes interpellées
 
Au total, huit personnes ont été arrêtées : trois hommes impliqués dans l’administration, l’approvisionnement et la livraison, ainsi que cinq femmes qui cherchaient à se procurer le médicament pour interrompre leur grossesse.
 
Entendues par les enquêteurs, ces dernières ont déclaré ignorer le caractère réglementé de la vente de ces substances et les risques sanitaires liés à leur utilisation.
 
 
Présentation au parquet
 
Plusieurs téléphones portables, une motocyclette utilisée pour les livraisons ainsi que des boîtes de comprimés ont été saisis et placés sous scellés.
 
Les huit mis en cause ont été présentés, hier mercredi 18 février, au procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Rufisque.

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