La demande de mise en liberté provisoire de Lat Diop sera désormais examinée par la Chambre pénale de la Cour suprême. Comme annoncé, le Parquet général du Pool judiciaire financier a déposé un pourvoi en cassation. Selon nos informations, le Procureur général a signé sa déclaration de pourvoi jeudi après-midi.
Mais cette démarche a-t-elle des chances d’aboutir ? La question mérite d’être posée, car les mesures strictes imposées par la Chambre d’accusation pour accorder la mise sous surveillance électronique de Lat Diop pourraient suffire à convaincre la Cour suprême de confirmer cette décision.
Le Procureur général du Pool judiciaire financier a tenu sa promesse de former un pourvoi. Pourtant, avec les mesures contraignantes mises en place, certains se demandent s’il était nécessaire d’introduire ce recours.
Même avec une sortie de prison, l’ancien Directeur général de la Lonase restera sous haute surveillance. Contrairement à l’idée qu’un bracelet électronique lui permettrait de vaquer librement à ses occupations tant qu’il ne quitte pas le territoire national, il est en réalité soumis à de nombreuses restrictions.
La plus stricte d’entre elles est l’interdiction de quitter son domicile sans une autorisation écrite du juge d’instruction. Chaque déplacement devra être justifié et approuvé par le magistrat en charge du dossier.
Outre cette assignation en résidence surveillée, la Chambre d’accusation a édicté d’autres restrictions pour accompagner la mise en liberté provisoire de Lat Diop :
-Remise du passeport : Il doit remettre son passeport au greffe du Pool judiciaire, l’empêchant ainsi de quitter le pays.
-Interdiction de contact : Il lui est interdit d’entrer en relation, directement ou indirectement, avec un témoin ou toute personne impliquée ou susceptible d’être impliquée dans l’affaire.
-Obligation de se tenir à disposition des autorités : Il doit répondre à toute convocation du juge d’instruction ou d’une autre autorité judiciaire en lien avec cette procédure.
-Avis du comité technique sur le bracelet électronique : Son placement sous surveillance électronique doit encore être validé par un comité technique, qui dispose d’un délai d’un mois pour donner son avis.
-Sanctions en cas de violation : Toute infraction à ces mesures entraînera son arrestation immédiate et son placement sous mandat de dépôt.
Ces restrictions montrent bien que Lat Diop ne bénéficie pas d’une liberté totale, mais simplement d’un changement d’environnement carcéral. Il pourra certes être entouré de sa famille et recevoir des proches, mais il restera sous le contrôle strict de la justice.
Dans ces conditions, le pourvoi du Parquet général semble peu fondé aux yeux de certains observateurs. Avec un encadrement aussi rigoureux, la mise en liberté provisoire de Lat Diop ne lui permet que de retrouver un cadre familial restreint, sans réelle marge de manœuvre.