Nos politiques publiques s’étaient totalement trompées de priorités. Et ce, depuis l’indépendance. C’est l’avis du Premier ministre Ousmane Sonko. Pour lui, les autorités étaient «beaucoup plus dans les dépenses de prestige politique que dans les dépenses visant à développer les secteurs névralgiques de l’économie».
Le chef du gouvernement estime qu’une économie il faut la bâtir, la construire. Et cela devrait partir, dit-il, d’une bonne connaissance des potentialités du pays et une vision très claire, articulée à des schémas de financement et d’encadrement de l’économie pour construire des filières solides. Mais pour lui, le Sénégal n’a jamais travaillé à asseoir cette vision et à l’exécuter.
«Et c’est pourquoi le constat est là. Une économie très fortement tertiarisée, dont la structure ressemble beaucoup plus à celle des économies post-industrielles, alors qu’on n’a quasiment pas d’industrie», a-t-il déclaré jeudi, lors du lancement des activités de mobilisation du secteur privé dans les agropoles et sites industriels.
Pour le premier ministre, beaucoup d’argent a été mobilisé et dépensé, des investissements directs, indirects, bilatéraux et multilatéraux ont été mis à contribution. Mais le résultat a été un échec : «Enormément d’argent a été investi au Sénégal et en Afrique de manière générale. Et le constat au bout, c’est que ça n’a pas généré une croissance qui a profité aux africains et aux sénégalais, parce que justement on s’est trompé de priorité», dit-il.
Pour le premier ministre Ousmane Sonko, c’est tout cela qu’il faut corriger aujourd’hui.



