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L’histoire générale du Sénégal à l’école : les défis qui attendent Moustapha Guirassy et Daouda Ngom

Lors du dernier Conseil des ministres, le Président Bassirou Diomaye Faye a donné des instructions claires concernant le projet de l’Histoire générale du Sénégal (HGS), rappelant que « la connaissance de notre culture et la valorisation de notre patrimoine historique demeurent des priorités » et ordonnant « d’accentuer le soutien logistique et financier de l’État pour la publication rapide des ouvrages déjà finalisés ». Il a également instruit les ministres de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, et de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, de « vulgariser, dans les programmes scolaires et universitaires, l’Histoire générale du Sénégal et de l’Afrique ».

Mais derrière cette volonté politique affichée, le coordonnateur du projet, le Pr Mamadou Fall, interrogé par L’Observateur, dévoile une réalité longtemps marquée par la précarité. Il évoque notamment les épreuves vécues par son prédécesseur : « Iba Der Thiam a vécu des moments douloureux à voir l’œuvre de sa vie laissée à l’abandon », déplorant un manque criant de moyens. Le principal obstacle, insiste-t-il, demeure financier : « Sur un budget annuel de 700 millions de francs CFA, nous ne recevions jamais plus d’un dixième », une situation ayant provoqué « à trois reprises » une cessation de paiement.

Malgré ces contraintes, la rigueur scientifique a prévalu. « Aucun de ces obstacles […] ne nous a empêchés de continuer le travail solitaire de l’écriture », souligne le coordonnateur, saluant la résilience des chercheurs. Aujourd’hui, le bilan est significatif : « 19 ouvrages finalisés, 3 en cours de validation scientifique et 25 en instance de publication », bien que leur diffusion reste entravée par le déficit budgétaire.

Pour rompre avec cette impasse, le Pr Mamadou Fall préconise des mesures structurelles. Il recommande d’« ériger l’HGS en institution d’utilité publique » afin de garantir une stabilité financière et logistique pérenne. Parallèlement, il mise sur l’innovation technologique pour moderniser la vulgarisation : « Nous avons construit un prototype très prometteur de tuteur numérique », un outil basé sur l’intelligence artificielle, conçu pour transmettre « la bonne histoire, celle qui nous parle et nous ressemble », tout en évitant soigneusement « les biais eurocentristes ».

Ce dispositif est complété par des e-manuels, des podcasts et une fresque digitale baptisée « Le Mémorial vivant », destinée à rendre le récit national accessible aux jeunes générations. Pour l’interlocuteur du quotidien du Groupe Futurs Médias, l’enjeu dépasse le cadre académique : il s’agit de faire de l’HGS « le portail de notre histoire », véritable pilier du projet de souveraineté culturelle désormais porté au plus haut sommet de l’État.

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