La séance plénière portant sur la levée de l’immunité parlementaire de Mouhamadou Ngom, dit Farba, a été marquée par une vive passe d’armes entre l’élu et la Garde des Sceaux. Prenant la parole pour sa défense, le député a adopté un ton offensif, mêlant avertissements personnels et contestations juridiques.
D’emblée, Farba Ngom a interpellé directement Yassine Fall sur ses précédentes déclarations : « Madame le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, après tout ce que vous avez dit sur moi, allant jusqu’à prétendre que je ne suis pas malade, sachez que si j’en reste là, c’est parce que vous êtes une femme et que vous avez une famille. Sinon, aujourd’hui devant l’Assemblée, si vous étiez un homme j’en aurais dit beaucoup sur vous. Ce ne sont pas les informations qui me manquent, mais je laisse tout entre les mains de Dieu. »
Poursuivant sur sa lancée, il a fustigé les commentaires sur son état de santé : « Je ne suis pas mourant. La mort est une affaire divine, elle n’est pas entre vos mains, donc déchantez. »
Au-delà de l’aspect personnel, le député a centré sa défense sur ce qu’il qualifie de violation flagrante des textes. Selon lui, les poursuites à son encontre ont été entamées bien avant que l’Assemblée nationale ne se prononce sur son immunité.
« Un spécialiste du droit vous l’a reproché en Commission. En tant que députée, elle s’est abstenue car elle savait que les poursuites étaient déjà en cours », a-t-il affirmé, faisant référence aux débats en commission ad hoc. Pour étayer ses propos, le parlementaire s’est désolé du calendrier judiciaire qui lui a été imposé alors qu’il bénéficiait toujours, selon lui, de sa protection parlementaire : « J’ai été extrait du pavillon spécial le 8, le 10 et le 12. J’ai été déféré et la garde à vue m’a été notifiée. Que reste-t-il encore de la procédure ? »

