Accueil Actualité Hôpital de Thiaroye : Pourquoi le transfert d’Azoura Fall scandalise Ansoumana Dione

Hôpital de Thiaroye : Pourquoi le transfert d’Azoura Fall scandalise Ansoumana Dione

Le sort de l’activiste Azoura Fall prend une tournure médicale et judiciaire inattendue. Sur saisine du Procureur de la République, le Président du Tribunal de Grande Instance de Dakar a officiellement ordonné son internement à l’Hôpital psychiatrique de Thiaroye. Une décision qui suscite la vive inquiétude d’Ansoumana Dione, Président de l’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux Malades Mentaux (ASSAMM).

Pour le défenseur des droits des malades mentaux, la base légale de cet internement pose question. Ansoumana Dione rappelle qu’une telle mesure exige « au préalable qu’une expertise médicale atteste que le concerné ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales au moment des faits ».

Il s’interroge ouvertement sur les motivations réelles de cette décision : « Sur quelle base le Président du Tribunal s’est-il appuyé en vérité pour ordonner son internement ? », souligne-t-il, tout en précisant que les faits reprochés à l’activiste n’ont, selon lui, « aucune liaison avec un quelconque trouble mental ».

Un cri d’alarme contre les « injustices et inégalités »

Au-delà du cas spécifique d’Azoura Fall, le président de l’ASSAMM dénonce un système à deux vitesses. Il pointe du doigt le contraste saisissant avec la situation d’autres détenus : « Pourquoi une centaine de malades mentaux est incarcérée dans les prisons, la plupart disposant d’un certificat médical en bonne et due forme ? », s’indigne-t-il.

Pour Ansoumana Dione, cette affaire met en lumière « beaucoup de failles, d’injustices ou d’inégalités par rapport à l’application de la loi devant laquelle tous les citoyens sénégalais devraient être égaux ».

Un doute sur la suite de la prise en charge

Ansoumana Dione se montre sceptique quant à la durée et à la nature de cet internement, affirmant qu’Azoura Fall lui-même a déclaré ne souffrir d’aucune pathologie. « Il me sera très difficile de croire qu’il y aura dans cette structure un médecin psychiatre pouvant lui administrer un traitement médical après l’avoir écouté », avance-t-il, prévenant que l’opinion ne devrait pas être surprise de voir l’intéressé quitter l’établissement très prochainement.

En conclusion, le président de l’ASSAMM appelle les autorités judiciaires à apporter des « réponses correctes et adéquates pour éviter toute discrimination dans ce secteur bien sensible ».

11 mars 2026.

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