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Guédiawaye : entre dénégations, aveux et silence glaçant, un étudiant face à de lourdes accusations de viol sur une fillette de 12ans

tribunal guediawaye
tribunal guediawaye

À Guédiawaye, un procès d’une extrême gravité a tenu en haleine la salle d’audience ce mardi. Selon le quotidien L’Observateur, l’affaire impliquant S.A. Diallo, étudiant en Licence 2, accusé de viol sur mineure et de pédophilie, a basculé dans un face-à-face tendu entre contradictions, révélations et aveux troublants.
 
Une audience sous haute tension
 
Dès l’ouverture des débats, le climat est électrique. La défense, assurée par Me Mbengue, tente un coup procédural en dénonçant un accès tardif au dossier, affirmant ne l’avoir obtenu que deux jours avant l’audience, malgré plusieurs années de demandes.
 
Mais le parquet réplique immédiatement, soulignant que l’accusé n’a jamais été sans assistance juridique, rappelant l’intervention antérieure d’un autre avocat. Le tribunal décide alors de joindre cette exception au fond, ouvrant la voie à l’examen du dossier.
 
Une défense fragilisée par des contradictions
 
À la barre, S.A. Diallo, 29 ans, reconnaît avoir donné des cours de soutien à la victime, une fillette de 12 ans, dans un contexte de proximité familiale à Yeumbeul. Mais il nie catégoriquement tout acte répréhensible, assurant que les séances se déroulaient en présence d’autres enfants.
 
Une ligne de défense rapidement mise à mal par une pièce capitale du dossier : une demande de liberté provisoire déposée en 2022, dans laquelle il évoquait une « relation amoureuse » avec la mineure, qu’il disait « consentante ».
 
Pris au piège, il tente de se dédouaner, évoquant une erreur de son avocat ou des pressions subies lors de l’enquête.
 
Des aveux accablants lus à la barre
 
Le moment le plus marquant survient lorsque le président du tribunal lui demande de lire son propre procès-verbal d’enquête. Dans ce document, il décrit de manière précise une scène intime avec la victime.
 
Face à ces déclarations, le juge l’interroge directement. L’accusé reste silencieux, esquivant toute explication. Il évoque brièvement des violences policières, sans jamais les avoir signalées auparavant, ce que le procureur ne manque pas de relever.
 
Un tournant dramatique
 
L’affaire prend une dimension encore plus lourde avec l’évocation de la naissance d’un enfant issu des faits reprochés. L’accusé conteste la paternité et réclame un test ADN.
 
Mais confronté à ses propres contradictions, il finit par admettre qu’il était prêt à reconnaître l’enfant et à épouser la jeune fille pour « arranger les choses », tout en niant toujours le viol.
 
Une position jugée incohérente par le tribunal.
 
L’aveu final : « Je suis fatigué »
 
C’est finalement sous la pression des débats que S.A. Diallo lâche une déclaration lourde de sens :
« Je suis fatigué… C’est moi. Tout ce qu’on me reproche, c’est moi. Condamnez-moi. »
 
Un silence pesant envahit alors la salle.
 
Pour le procureur, la culpabilité ne fait aucun doute. S’appuyant sur le Code pénal, il rappelle qu’à 12 ans, la notion de consentement n’existe pas, insistant sur la position d’autorité morale qu’occupait l’accusé en tant qu’encadreur.
 
Il a requis une peine de 10 ans de réclusion criminelle.
 
Une défense qui plaide la lassitude
 
De son côté, la défense tente de relativiser cet aveu, le qualifiant d’« aveu de fatigue » après cinq années de détention. L’avocat évoque un homme « brisé », qui aurait fini par céder à la pression, tout en pointant des incohérences dans le récit de la victime.
 
Malgré ces arguments, l’affaire reste lourde et complexe.
 

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