Le rapport de la Cour des comptes montre plusieurs anomalies dans les surfinancements de l’État. Ces surfinancements, qui correspondent aux excédents de financement après couverture des déficits et des charges de trésorerie, révèlent des discordances dans les reports et une utilisation opaque des fonds en 2023.
« En 2022, un excédent de 35,44 milliards de F CFA n’a pas été reporté en 2023 »
Selon le rapport, des différences significatives ont été relevées entre les montants de surfinancements déclarés et ceux réellement reportés d’une année à l’autre. « En 2020, un excédent de 54,71 milliards de F CFA devait être reporté en 2021, mais seulement 51,31 milliards de F CFA ont été comptabilisés, laissant un écart inexpliqué de 3,4 milliards de F CFA. En 2021, un surfinancement de 238,24 milliards de F CFA a été reporté en 2022 pour seulement 120,7 milliards de F CFA, soit 117,54 milliards de F CFA non justifiés.
En 2022, un excédent de 35,44 milliards de F CFA n’a pas été reporté en 2023, officiellement en raison de la hausse de l’amortissement de la dette. Or, le montant déclaré par le ministère des Finances ne correspond pas aux chiffres réels arrêtés par la Cour des comptes », selon le document exploité par PressAfrik.
À en croire ce dernier en 2023, le gouvernement a déclaré un surfinancement global de 604,7 milliards de F CFA, mais une partie de ce montant a été consommée sans être officiellement justifiée. Ainsi « 326,42 milliards de F CFA ont été affectés au remboursement de dettes, au soutien des prix à la consommation, au financement de la SENELEC et de la Société Africaine de Raffinage (SAR), ainsi qu’à des opérations bancaires auprès d’IB Bank et de la BDEV. 155 milliards de F CFA ont été injectés dans le compte de dépôt CAP Gouvernement sans couverture budgétaire. Ce montant a été saisi dans la comptabilité de l’État mais n’a fait l’objet d’aucune écriture d’annulation, ce qui suggère qu’il a été dépensé sans suivi comptable. »
Le ministère des Finances avait avancé plusieurs explications, notamment une hausse de l’amortissement de la dette et des variations de change. Cependant, la Cour des comptes estime que « ces arguments ne sont pas pertinents, car les variations de change n’ont pas d’impact direct sur l’amortissement de la dette. De plus, certaines opérations financières ont été réalisées hors du circuit budgétaire officiel, augmentant le risque de mauvaise gestion des fonds. »
Face à ces dysfonctionnements budgétaires, la Cour des comptes recommande une plus grande rigueur dans la gestion des finances publiques. Elle demande « une justification détaillée des écarts constatés dans les reports de surfinancements. Un meilleur suivi des dépenses engagées avec les fonds issus des excédents de financement. L’intégration stricte de ces montants dans les circuits budgétaires officiels afin d’éviter toute opacité. »