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Gatsa Gatsa : Ousmane Sonko répond à Pascal Boniface et convoque la Révolution française

Face au géopolitologue français Pascal Boniface, le Premier ministre Ousmane Sonko a « endossé les habits de l’intellectuel organique » pour passer au crible les passages le concernant dans l’ouvrage de son hôte. Tout en gardant la courtoisie dans le ton, il a dénoncé ce qu’il appelle le « prisme occidental » persistant dans l’analyse des luttes africaines. En effet, si Ousmane Sonko a salué le geste de Pascal Boniface de l’avoir classé parmi les 20 personnalités les plus influentes au monde, il a immédiatement marqué sa distance avec les termes employés. Pour le Premier ministre, ce classement, bien qu’honorable, réduit son action à une simple force d’influence médiatique ou symbolique. Il a tenu à rectifier cette perception : son combat ne relève pas de l’image, mais d’une trajectoire historique pour l’émancipation réelle et la souveraineté économique de l’Afrique. « Derrière certains aspects du développement se glisse, à mon avis, chez le professeur, subtilement, une lecture sur le prisme occidental », a-t-il souligné.

Réhabiliter le « Gatsa Gatsa » : plus qu’un slogan, une grammaire de résistance

L’un des moments les plus intenses de sa démonstration a porté sur l’interprétation du slogan « Gatsa Gatsa ». Ousmane Sonko a reproché à l’ouvrage de tenter de réduire ce cri de ralliement à une simple expression de violence ou de menace politique. Un écho à 1789 : avec une précision historique chirurgicale, il a rappelé que la Révolution française elle-même s’est bâtie sur des slogans de vie ou de mort (« Vivre libre ou mourir »). Légitimité populaire, pour Sonko, le « Gatsa Gatsa » est l’expression d’un peuple qui refuse de plier face à l’oppression, et non une instigation à la désobéissance gratuite. Il s’inscrit, selon lui, dans l’héritage universel de résistance porté par des figures comme Thomas Sankara ou Patrice Lumumba.

Refus des étiquettes : l’ambivalence en question

Le Premier ministre a également contesté les qualificatifs d’« homme ambivalent » ou de leader aux « multiples visages » utilisés dans l’ouvrage. Pour lui, ces procédés sémantiques visent à dévaloriser la cohérence du projet politique de son parti. De même, il a rejeté l’étiquette de « populiste », la considérant comme un outil littéraire servant à invisibiliser la question centrale de la souveraineté. Il a réaffirmé que ses actions, y compris ses critiques envers certains travaux académiques, ne visaient pas à censurer mais à protéger l’unité nationale contre toute tentative de fragmentation. Ousmane Sonko a invité Pascal Boniface à une réflexion plus profonde sur la « souveraineté intellectuelle ». Il ne suffit pas, selon lui, d’être indépendant juridiquement ; il faut revendiquer le droit de produire ses propres catégories d’analyse et ses propres récits historiques.

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