En froid avec Doha : Comment Ryad a tordu le bras à Dakar, Niamey, N’djaména…

Le Sénégal, le Tchad, le Niger, la Mauritanie, les Comores, l’ile Maurice, l’Egypte ont pris le parti de l’Arabie saoudite dans le différend qui l’oppose au Qatar. Pour certains d’entre ces pays, Ryad a du recourir à des menaces pour les amener à s’aligner sur sa position. C’est la lecture de Benjamin Augué, chercheur à l’IFRI.

En froid avec Doha : Comment Ryad a tordu le bras à Dakar, Niamey, N’djaména...

Quand Ryad tousse, beaucoup de capitales africaines éternuent. Ainsi, peut on décrire l’attitude de Dakar, du Caire, de N’djaména, de Niamey, de Port Louis, de Moroni dans ce qu’il est convenu d’appeler la crise du Golfe arabique. Elles ont pris fait et cause en faveur de l’Arabie saoudite et de ses alliés qui sont entrés en guerre froide avec le Qatar, lui reprochant son soutien présumé au terrorisme et ses flirts avec l’Iran. Mais pour nombre de ces pays africains qui se sont rangés du côté de Ryad dès le déclenchement des hostilités, il faut admettre qu’ils n’avaient pas le choix.

Dans un article paru dans la version numérique du MONDE, Benjamin Augué, chercheur associé aux Programmes Afrique et Energie de l’Institut français des relations internationales (IFRI) croit savoir que le royaume wahhabite n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour rallier ces pays africains dont le Sénégal à sa cause.

Énumérant les moyens de pression employés par les Saoud, le chercheur a révélé que certains de ces pays de l’Afrique noire se sont vus menacer de perdre des financements tandis que d’autres n’ont pas voulu avoir de complications dans l’obtention des visas pour le pèlerinage à la Mecque. D’ailleurs, détaille Benjamin Augué, la décision de rappeler leurs ambassadeurs en poste à Doha a été une décision unilatérale que seuls les présidents dont les pays ont procédé de la sorte ont prise, sans concertation aucune avec leurs ministres des Affaires étrangères; même si ces derniers en ont endossé la responsabilité. Cependant, il y a eu de la résistance. Dans cette catégorie, le chercheur cite en exemple le Nigeria qui n’aime pas se faire dicter sa conduite.

Par ailleurs, le chercheur admet que Doha n’a pas fait preuve de la même détermination que Ryad pour avoir le soutien de l’Afrique. L’émirat aurait concentré ses efforts sur les grandes puissances occidentales et arabes, relate Augué.

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