La première édition du Forum sur la Promotion des Investissements et la Compétitivité Économique (PRICE) s’est ouverte le 29 avril 2026 à Paris, à l’initiative de l’Ambassade du Sénégal en France. Pendant deux jours, décideurs publics, investisseurs, chefs d’entreprise et partenaires institutionnels croisent leurs analyses autour d’un objectif commun : transformer le potentiel économique du Sénégal en projets structurants, durables et compétitifs.
Au cœur des échanges, la diaspora sénégalaise apparaît comme un levier stratégique à reconfigurer. Longtemps cantonnée aux transferts financiers, elle est désormais appelée à jouer un rôle plus structurant dans l’investissement productif. Le Directeur général de l’APIX, Bakary Séga Bathily, a insisté sur la nécessité de créer des passerelles concrètes entre les compétences expatriées et les opportunités offertes par les pôles économiques territoriaux en construction.
Une compétitivité à repenser hors hydrocarbures
Deuxième axe structurant du forum : la compétitivité de l’économie sénégalaise. Les panels ont mis en avant l’impératif de transformation structurelle, en particulier à travers l’innovation, les partenariats stratégiques franco-sénégalais et le développement de champions économiques africains. L’ambition affichée est claire : réduire la dépendance aux hydrocarbures et diversifier les moteurs de croissance.
Dans cette perspective, la présence de hauts responsables comme le Ministre d’État Al Aminou Lo et l’ambassadeur Baye Moctar Diop illustre l’importance accordée à ce repositionnement stratégique, inscrit dans la Vision Sénégal 2050.
Les territoires comme nouveaux centres de gravité
Moment fort de cette première journée, l’intervention de Bara Diouf, Délégué général de la DGPU, a posé les jalons d’une rupture conceptuelle. Selon lui, la croissance ne peut plus être concentrée sur quelques pôles, mais doit s’appuyer sur une dynamique territoriale inclusive.
Il défend une approche intégrée de l’aménagement, où urbanisme, mobilité et économie s’articulent pour créer des écosystèmes attractifs pour les investisseurs. L’exemple de Diamniadio est cité comme démonstration concrète de cette stratégie, fondée sur la lisibilité et la cohérence des politiques publiques.
Spécialisation économique et économie circulaire
Autre pilier mis en avant : la spécialisation intelligente des territoires. Chaque pôle est appelé à développer une identité économique forte, à l’image du potentiel des industries culturelles et créatives. Le pôle du Lac Rose est ainsi présenté comme un laboratoire d’innovation, combinant tourisme, numérique et artisanat pour générer de la valeur locale.
Parallèlement, l’intégration de l’économie circulaire s’impose comme un avantage compétitif. L’optimisation des ressources et la durabilité ne sont plus perçues comme des contraintes, mais comme des facteurs de performance capables de renforcer la résilience économique.
Vers un mécanisme de suivi opérationnel
Au-delà des échanges, le forum se veut un instrument de transformation. En délocalisant ce dialogue stratégique au cœur de l’Europe, le Sénégal ambitionne de structurer un dispositif de suivi permettant de traduire les engagements en investissements concrets.
Les travaux se poursuivent avec des sessions consacrées aux industries culturelles, créatives et au tourisme, confirmant une volonté claire : diversifier les sources de richesse et ancrer le développement dans une logique de souveraineté économique durable.
En filigrane, le Forum PRICE 2026 pose les bases d’un nouveau narratif économique : celui d’un Sénégal qui mise sur ses territoires, sa diaspora et son capital créatif pour construire une croissance mieux répartie et plus résiliente.




