La Radiotélévision sénégalaise (RTS), la Maison de la presse et l’Agence de distribution de presse (ADP)-Le Soleil ne sont pas éligibles aux Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP). C’est la conviction du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) qui a contesté, ce mercredi 8 avril 2026, l’allocation de fonds publics à ces structures.
Face à la presse, l’organisation a pointé une « déviation manifeste » de l’objet du fonds, estimant que la RTS, la Maison de la presse Babacar Touré et Le Soleil -Agence de diffusion et de publicité (ADP) ne répondent pas aux critères fixés par le décret encadrant le FADP.
Estimant que « l’article 9 du décret est sans ambiguïté », le CDEPS affirme que le fonds est destiné exclusivement aux entreprises de presse sénégalaises, telles que définies par le Code de la presse. Une disposition qui, à leurs yeux, exclut d’office les médias publics comme la RTS et les structures administratives comme l’ADP.
« A fortiori, la RTS et le Soleil ADP ne figurent nulle part dans le décret comme bénéficiaires du FADP. Leur financement constitue donc une violation textuelle de l’article 9 », a insisté Mamadou Wane, directeur général du journal « EnQuête ».
Concernant la Maison de la presse Babacar Touré, le patronat de la presse affirme qu’ «elle citée dans aucun article du décret, ni parmi les bénéficiaires de l’article 9 ni dans la liste limitative de l’article 10. Son financement est dépourvu de toute base légale ».
Au-delà des cas spécifiques, le CDEPS dénonce une méthode qu’il qualifie de « discriminatoire et inégalitaire ». Il affirme que « des procédures ont détourné un fonds conçu pour la presse privée au profit de structures relevant du budget général de l’État ».
Les chiffres avancés illustrent, selon eux, ce déséquilibre. Les entités publiques auraient perçu en moyenne 187,3 millions F CFA, contre seulement 18,1 millions pour les entreprises de presse privées, pourtant soumises à des critères d’éligibilité stricts (emploi permanent, cotisations sociales, tirage minimum, conformité à la convention collective).
Le CDEPS relève également une « contradiction flagrante » dans le traitement des projets. Alors que des projets portés par des médias privés, d’un montant global supérieur à 2 milliards F CFA, ont été rejetés pour « contraintes budgétaires », une enveloppe de 190 millions F CFA a été accordée au projet de l’ADP.
« Cette contradiction révèle que le rejet des projets privés n’était pas dicté par des impératifs exclusivement budgétaires, mais par une discrimination délibérée à l’encontre de la presse indépendante », a dénoncé Mamadou Wane.




