Une éclipse solaire partielle sera visible, aujourd’hui, mercredi 12 août, dans une grande partie du Sénégal, avec un maximum attendu autour de 19 h 12 à Dakar. Les conditions d’observation seront déterminantes, selon des experts du domaine. `
Le ciel sénégalais s’apprête à offrir, ce mercredi 12 août 2026, un spectacle astronomique exceptionnel. À partir de la fin de l’après-midi, la Lune viendra progressivement s’interposer entre la Terre et le Soleil, provoquant une éclipse solaire visible depuis une grande partie du territoire. « La Lune va passer entre la Terre et le Soleil », explique Maram Kaïré, directeur général de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (Aspa). Contacté par « Le Soleil », il a informé que pendant un peu plus d’une heure, les observateurs pourront voir la lune « grignoter » progressivement une partie du disque solaire. Le phénomène débutera, suivant les localités, autour de 18 h 20 – 18 h 25. À Dakar, le premier contact est prévu vers 18 h 25. Le maximum interviendra autour de 19 h 10 – 19 h 12, avant que le phénomène ne s’achève progressivement. Mais, contrairement à certaines régions du monde, le Sénégal n’assistera pas à une éclipse totale. « Au Sénégal, l’éclipse ne sera pas totale, elle sera partielle », a précisé le Dg de l’Aspa. La totalité sera particulièrement observable au Groenland, en Islande et dans certaines parties de l’Espagne.
L’importance du phénomène variera selon les régions. Plus on remontera vers le nord du Sénégal, plus la partie du Soleil masquée par la lune sera importante.
D’après Maram Kaïré, à Dakar, environ 37 % du disque solaire sera occulté au moment du maximum. À Saint-Louis, cette proportion atteindra environ 41 %, tandis que Louga sera également bien placée, avec près de 40 % du disque solaire masqué. « Les régions du nord et du nord-ouest du Sénégal, notamment Saint-Louis et Louga, seront particulièrement intéressantes pour l’observation », a indiqué le patron de l’Aspa.
Un spectacle et une leçon
de science
Le phénomène sera toutefois visible dans une grande partie du pays. Pour M. Kaïré, il ne sera pas nécessaire de parcourir de longues distances pour en profiter. « Le principal défi sera plutôt de disposer d’un horizon dégagé et de conditions météorologiques favorables », a-t-il souligné. Le soleil sera, en effet, très bas au moment où l’éclipse atteindra son maximum.
« À Dakar comme à Saint-Louis, il ne sera plus qu’à environ 4 degrés au-dessus de l’horizon au moment du maximum », a souligné le directeur de l’Aspa, estimant qu’il faudra privilégier un endroit offrant une vue parfaitement libre vers l’ouest. « Un bâtiment, un arbre ou un nuage positionné sur cette partie du ciel pourrait masquer le spectacle », a-t-il prévenu.
La météo constitue justement l’une des principales inconnues. Selon Mor Kébé, ingénieur prévisionniste à l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), « la soirée du mercredi 12 août devrait être marquée par un ciel passagèrement nuageux sur une grande partie du territoire ».
Les conditions devraient être plus instables dans le sud et l’est. « Des phénomènes pluvio-orageux pourraient se développer », a prévenu le prévisionniste. Ces zones pourraient connaître des conditions moins favorables à l’observation. À l’inverse, les premières tendances indiquent des conditions potentiellement plus favorables dans une grande partie du centre, du nord et de l’ouest.
Mais, l’Anacim reste prudente : « Il est encore trop tôt pour désigner avec certitude une région précise comme étant la meilleure zone d’observation. »
Au-delà de la beauté du phénomène, cette éclipse constitue une occasion de rendre visible la mécanique du système solaire. « Une éclipse est toujours un phénomène fascinant parce qu’elle permet de voir, presque directement, la mécanique du système solaire à l’œuvre », a expliqué Maram Kaïré. La Terre tourne autour du Soleil et la Lune autour de la Terre. Des mouvements permanents, mais que nous ne percevons pas dans notre quotidien. « Nous voyons littéralement la Lune passer devant le Soleil », a résumé le Dg de l’Aspa.
L’éclipse permet également de rappeler une étonnante coïncidence cosmique : le Soleil est environ 400 fois plus grand que la Lune, mais il est aussi approximativement 400 fois plus éloigné de la Terre. Les deux astres apparaissent ainsi presque avec la même taille dans le ciel ; ce qui rend possibles les éclipses totales.
Pour M. Kaïré, l’évènement doit surtout être mis à profit pour transmettre les connaissances scientifiques, notamment aux jeunes. « C’est une formidable occasion d’expliquer au public, particulièrement aux jeunes, comment fonctionnent les mouvements de la Terre, de la Lune et du Soleil », a-t-il confié.





