Face à la recrudescence des offres frauduleuses sur les réseaux sociaux, l’ambassade du Canada à Dakar sonne l’alerte.Le mercredi 08 avril, au cours d’une séance d’information avec la presse, les candidats au voyage ont été invités à la plus grande vigilance. La représentation diplomatique exige « une honnêteté rigoureuse dans les dossiers déposés », surtout à l’approche de la Coupe du monde.
L’ambassade du Canada au Sénégal est formelle : aucun dispositif particulier n’a été créé pour le prochain Mondial. Face à la multiplication des arnaques en ligne, la représentation diplomatique a réuni les journalistes, mercredi 8 avril, pour faire une mise au point nécessaire. En perspective de la Coupe du monde, prévue au Canada, aux États-Unis et au Mexique, les offres de facilitation foisonnent sur Internet. « Il n’existe aucun visa spécifique pour cet événement », indique Emmanuel Lussier, chef de Programme adjoint à l’ambassade du Canada du Sénégal.
« Contrairement aux rumeurs persistantes, tout supporter ou voyageur souhaitant se rendre sur le sol canadien devra suivre la procédure classique en formulant une demande de visa de visiteur. Les promesses de facilités ou de documents officiels estampillés « Fifa » sont des tentatives d’escroquerie manifestes », explique-t-il. Si la fraude est un phénomène permanent, l’agent consulaire précise que « les grands rendez-vous sportifs servent de catalyseurs aux arnaqueurs pour vendre de prétendus traitements accélérés ».
D’ailleurs, concernant l’ampleur de la fraude, le document de presse fait état de plus de 9000 cas de soupçons investigués chaque mois en 2024 au Canada. Plus de 52 000 demandes de résidence temporaire refusées pour fausse déclaration au cours des seuls six premiers mois de 2024. De 26 000 cas en 2022, les fausses déclarations sont passées à 52 000.
Pour contrer cette menace, la représentation diplomatique mise sur la prévention proactive. « Seule l’information provenant des plateformes numériques officielles de l’ambassade du Canada à Dakar doit être prise en compte par les usagers », insiste M. Lussier.
L’ambassade met également en garde les délégations et les organisations professionnelles contre la pratique du « greffage », qui consiste à ajouter, dans un dossier de groupe, des noms de personnes étrangères à la corporation. Emmanuel Lussier rappelle que les services de l’ambassade disposent d’unités d’investigation capables de vérifier l’exactitude de chaque renseignement transmis. « L’intégrité des délégations sera passée au crible et toute tentative de dissimulation d’information sera sanctionnée », prévient-il.
Le diplomate insiste sur la transparence qui, selon lui, reste « l’unique voie sécurisée, car le mensonge dans une demande de visa entraîne des conséquences lourdes et durables sur le statut du demandeur ». Enfin, la chargée de communication, Khady Bèye Sow, a rappelé que le Canada ne dispose d’aucun intermédiaire officiel pour le traitement des dossiers d’immigration. En d’autres termes, les agences dites « spécialisées » ne sont en aucun cas mandatées par la chancellerie.




