C’est un signal fort envoyé aux marchés internationaux. Le gouvernement sénégalais vient de franchir une nouvelle étape dans sa politique « d’import-substitution ». La mesure phare concerne la céréale la plus consommée du pays : le riz. Désormais, l’importation de riz entier est officiellement suspendue, et ce, jusqu’à l’épuisement total des stocks produits localement.
« Aucune graine de riz entier ne sera importée au Sénégal tant qu’on n’aura pas épuisé les stocks de riz local », a déclaré, ce vendredi, le ministre de l’industrie et du commerce, Serigne Guèye Diop. Pour accompagner cette décision, un accord a été scellé avec les riziers nationaux, incluant la mise en place d’un fonds de subvention spécifique. L’objectif est, selon le ministre, de garantir un débouché aux producteurs de la vallée et de la Casamance, tout en rendant le prix du riz local plus compétitif pour le consommateur final.
« Les orientations de la politique sectorielle du ministère mettent en avant l’amélioration des chaînes de valeurs, la promotion du consommer-local et la relation des marchés. Dans cette dynamique s’inscrit la nouvelle politique d’import-substitution qu’on a bien réussi », a d’emblée souligné l’autorité qui présidait un atelier de validation du Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030 de l’Agence de régulation des marchés (Arm) réalisé avec l’appui de l’Agence Belge de coopération international (Enabel).
Il s’est, en effet, félicité des premiers résultats de cette doctrine de souveraineté alimentaire. « C’est la première fois que nous sommes restés 11 mois sans importer un seul kilogramme de pomme de terre. C’est pour cela qu’on a fermé le marché pour permettre aux producteurs d’écouler leurs produits. On a fermé le marché d’importation de la pomme de terre, de l’ognon, de la banane », a-t-il martelé, signalant que ces mesures de fermeture du marché Sénégalais continueront pour protéger les producteurs locaux.
Dans la filière banane, le ministre a salué les excellents résultats enregistrés grâce à cette nouvelle politique. « Nous avons fermé les frontières pendant trois mois et 9 milliards de francs CFA (dépensés annuellement dans l’importation de banane, Ndlr) sont restés au Sénégal », confie le ministre qui ne compte poursuivre la même logique. « L’année prochaine on va passer de trois mois à six mois de fermeture de la frontière malgré les attaques de l’Omc et de la Cedeao. Mon rôle en tant que ministre est de protéger nos agriculteurs, nos industriels et on doit le faire quoi qu’il en coûte », fulmine-t-il.
Mieux, annonce-t-il avec fierté : « dans les trois ans à venir le Sénégal ne va plus importer ni de la pomme de terre, ni de l’ognon encore moins de la carotte ».
Quid des problèmes de stockage ?
Conscient que la protection des frontières ne suffit pas, le gouvernement mise sur une révolution logistique. Un plan d’investissement massif est en cours, selon le ministre, pour la construction de chambres froides d’une capacité globale de 250 000 tonnes.
Ces unités de stockage visent à désengager les agriculteurs des contraintes de commercialisation immédiate et des risques de pertes post-récoltes estimées selon une étude à 30 % des productions vivrières et 60 à 70 % pour les fruits et légumes.
« Nous sommes en train d’investir massivement dans la construction de chambres froides de 250 mille tonnes de capacités pour le stockage des produits agricoles. Il n’y a aucun pays au monde qui n’a pas d’unités de stockage. Cela permettra aux agriculteurs de ne plus s’occuper de la commercialisation de leurs produits. Cela doit incomber aux commerçants et aux importateurs », explique Serigne Guèye Diop. À l’en croire, cela permettra également de stabiliser les prix des produits alimentaires sur toute l’année afin d’éviter les tensions entre l’offre et la demande qui favorisent souvent les tendances haussières notées sur le marché à certaines périodes.
Pour le ministre du Commerce, la souveraineté alimentaire est un pilier essentiel du développement et le nouveau gouvernement en a fait une priorité, surtout en ces périodes de crise mondiale. « La souveraineté alimentaire n’a pas de prix. Aujourd’hui dans ce contexte de guerre dans le Golfe, tous les pays qui n’ont pas de stock de produits alimentaires sont des pays à risque », conclut-il.

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