Institué en 1961 par le Président Léopold Sédar Senghor, le Concours général sénégalais (Cgs) demeure la plus prestigieuse compétition académique du Sénégal. Dans un entretien avec « Le Soleil », Brigitte Ndour, cheffe de la division Partenariat, communication, promotion de l’excellence et documentation à la direction de l’Enseignement moyen secondaire général (Demsg), revient sur l’organisation de cette compétition, les critères de sélection des candidats, les innovations introduites cette année et les conditions qui permettent de décrocher une distinction.
Une compétition de prestige. Le Concours général sénégalais (Cgs) repose sur un dispositif réglementaire et pédagogique particulièrement rigoureux. Créé par le décret n° 61-213 du 30 mai 1961, il récompense, chaque année, les meilleurs élèves des classes de Première et de Terminale dans les différentes disciplines de l’enseignement secondaire général. Revenant dans le détail sur cette compétition de prestige, Brigitte Ndour, cheffe de la division Partenariat, communication, promotion de l’excellence et documentation à la direction de l’Enseignement moyen secondaire général (Demsg) du ministère de l’Éducation nationale, a indiqué que c’est cette structure susmentionnée qui assure son pilotage administratif, tandis que l’Office du baccalauréat prend en charge toute l’organisation pédagogique. « Le concours est organisé par le ministère de l’Éducation nationale, mais le volet pédagogique est porté par l’Office du baccalauréat qui dispose déjà de toute l’expertise nécessaire en matière d’organisation des examens », explique-t-elle dans un entretien avec « Le Soleil ».

De l’avis de Mme Ndour, en 2026, le Concours général sénégalais a porté sur 33 disciplines, contre une trentaine habituellement. Les sujets sont élaborés par les commissions disciplinaires de l’Inspection générale de l’éducation et de la formation (Igef). Brigitte Ndour renseigne que depuis cette année, les inscriptions sont entièrement dématérialisées grâce à une plateforme numérique mise en place par l’Office du baccalauréat. « Ce sont les enseignants qui inscrivaient leurs élèves. Désormais, tout se fait en ligne », précise-t-elle, soulignant que « les épreuves portent sur le programme, mais avec un niveau d’exigence beaucoup plus élevé ».
Une sélection fondée sur le mérite
Mme Ndour précise que les copies sont corrigées sous anonymat total avant une grande délibération au cours de laquelle les identités des candidats ne sont révélées qu’après validation des résultats.
D’après la cheffe de division, la participation au Concours général sénégalais est soumise à des critères stricts. « Les candidats doivent être proposés par leurs enseignants. Ils ne doivent avoir redoublé aucune classe du cycle concerné, présenter une moyenne générale d’au moins 12/20 et obtenir au minimum 14/20 dans la discipline choisie », a-t-elle renseigné. À l’en croire, le règlement prévoit cinq niveaux de distinction. Le premier Prix est décerné aux candidats ayant obtenu une note d’au moins 16/20. Le deuxième Prix est attribué à partir de 15/20, le troisième à partir de 14/20. Viennent ensuite le premier Accessit, dès 13/20, et le deuxième à partir de 12/20. Le classement est ensuite établi discipline par discipline et les meilleures notes déterminant l’ordre des distinctions.
Au-delà des Prix décernés dans chaque discipline, un classement national distingue les meilleurs élèves du concours. Selon Brigitte Ndour, chaque distinction rapporte un nombre de points fixé par une instruction ministérielle. Ainsi, un premier Prix vaut 17 points, tandis qu’un deuxième prix en rapporte 9. « Pour être sacré meilleur élève, il faut cumuler plusieurs distinctions, dont au moins un premier ou un deuxième Prix », a-t-elle indiqué, informant que pour cette édition 2026, un seul candidat a rempli l’ensemble des critères. Il s’agit de l’élève Ahmed Babou du Prytanée militaire de Saint-Louis. « Il s’est imposé grâce à une performance exceptionnelle avec quatre distinctions, toutes couronnées d’un premier Prix », note Mme Ndour. « Mettre quelqu’un à côté d’Ahmed Babou serait difficile tant sa performance est exceptionnelle », estime-t-elle.
Parmi les principales nouveautés de l’édition 2026 du concours général figure l’intégration des élèves de l’Institut national d’éducation et de formation des jeunes aveugles (Inefja) de Thiès dans le volet pédagogique. « Jusqu’ici, ces derniers étaient uniquement récompensés à travers des distinctions honorifiques. Désormais, ils concourent au même titre que les autres candidats », fait-elle savoir. Pour la cheffe de la division Partenariat, communication, promotion de l’excellence et documentation à la Demsg, cette évolution traduit la volonté des autorités éducatives de rendre le concours plus inclusif. Depuis deux ans, a-t-elle souligné, la Demsg mène aussi des campagnes de sensibilisation dans les différentes académies afin de mieux faire connaître le Concours général, notamment dans les régions éloignées.





