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BUS RAPID TRANSIT (BRT) : quand Dakar inspire Abidjan

La capitale sénégalaise dispose de son Bus rapid transit (Brt) inauguré en janvier 2024 et mis en service en mai de la même année. Abidjan devrait se doter d’un réseau similaire à l’horizon 2028. Le Projet de mobilité urbaine d’Abidjan (Pmua) met les bouchées doubles pour respecter les délais.

À Dakar, il est devenu un élément incontournable du quotidien des usagers du transport urbain. Aux côtés du Ter, des bus Dakar Dem Dikk, des « clandos » et autres « cars rapides » et « Ndiaga Ndiaye », le Bus rapid transit (Brt) est, depuis son inauguration, en janvier 2024, et sa mise en service, en mai de la même année, un moyen de transport largement plébiscité par des milliers de Dakarois. Ils l’empruntent entre le centre-ville et Guédiawaye, sur un trajet de 18 km, contribuant ainsi à améliorer significativement la mobilité urbaine dans une capitale confrontée à des embouteillages infernaux aux heures de pointe.

Le succès de ce bus électrique disposant de sa propre voie dépasse les frontières du Sénégal. À Abidjan, autre grande métropole d’Afrique de l’Ouest confrontée à des difficultés similaires en matière de trafic urbain, voire plus importantes, le Brt est perçu comme une solution parmi d’autres pour améliorer la mobilité. « Il fonctionnera sur le même principe que celui de Dakar.

Pour ce faire, nous avons mené une mission de benchmark au Sénégal, qui s’est révélée déterminante pour la conduite du projet », explique Koffi Claude, ingénieur en charge des opérations au Projet de mobilité urbaine d’Abidjan (Pmua), lors d’une visite organisée, samedi 18 avril, avec des journalistes membres d’Africa road builders (Arb), une organisation qui décerne, chaque année, le Prix Babacar Ndiaye récompensant les efforts des pays en matière d’infrastructures routières et de transport.

Les travaux du Brt d’Abidjan ont été lancés en 2024 et devraient s’achever en octobre 2028. Reliant Yopougon à Bingerville d’est en ouest, sur une vingtaine de kilomètres, il traversera des zones à forte densité, comme Cocody, le Plateau, Attécoubé, ainsi que la très populeuse commune d’Adjamé et son marché animé. « Nous aurons 21 stations et une flotte de 120 bus articulés d’une capacité de 160 passagers chacun. Nous prévoyons de transporter 500.000 passagers par jour», précise l’ingénieur du Pmua. Le temps de trajet entre les deux terminus (Yopougon, la commune la plus peuplée de Côte d’Ivoire, et Bingerville) sera d’environ 45 minutes.

Financé par la Banque mondiale, l’Agence française de développement (Afd) et l’État ivoirien, le projet du Brt d’Abidjan progresse à grands pas. À Yopougon, les couloirs dédiés longent l’autoroute appelée 4e pont ou voie express menant à Adjamé. En raison de la largeur de cette voie, des passerelles couvertes sont en cours de construction pour faciliter la traversée des futurs usagers.

À ce niveau, les premières stations sortent déjà de terre. Plus loin, sur le très fréquenté boulevard Coffi Gadeau, anciennement boulevard Mitterrand, trois ponts sont en cours de construction dans le cadre d’un autre programme piloté, cette fois-ci, par le Projet de transport urbain d’Abidjan (Ptua), mais dont les retombées bénéficieront directement au projet du Brt.

En effet, sur ces ouvrages d’art, qui contribueront à fluidifier le trafic dans cette zone stratégique, les bus électriques disposeront également d’un couloir dédié. En attendant l’achèvement de ces travaux interconnectés et la mise en service du Brt ainsi que du métro —situé dans un autre axe de la ville, du nord au sud— Abidjan continue de subir les affres des embouteillages.

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