Le processus d’élaboration du Budget 2027 de l’État du Sénégal est déjà engagé. Cependant, l’exercice s’opère dans un contexte qui est loin d’être idéal. A l’instar du reste du monde, le Sénégal reste exposé aux effets du conflit au Moyen-Orient et l’incertitude qu’il charrie sur les plans économique et géopolitique, avec une résurgence des tensions inflationnistes et un durcissement des conditions de financement.
À cela s’ajoutent les tensions sécuritaires à l’échelle internationale et sous-régionale, les effets du changement climatique sur les secteurs productifs, la baisse des financements extérieurs ainsi que les difficultés liées à la mobilisation optimale des recettes intérieures.
Projection à la baisse des plafonds de dépenses
Une situation qui impacte déjà le Budget 2027. En effet, Babacar Cissé, directeur de cabinet du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, a annoncé, en marge d’une rencontre organisée par la Direction générale du Budget, que les autorités ont procédé à une projection à la baisse des plafonds de dépenses du tableau des opérations financières de l’État, à hauteur de près de 288 milliards de FCFA par rapport à la loi de finances initiale de 2026. Ce qui constitue une contrainte majeure dans la détermination des enveloppes indicatives.
Ainsi, pour 2027, les enveloppes notifiées aux institutions constitutionnelles et aux ministères sont globalement arrêtées à 2 451 milliards de FCFA, en dehors des dépenses de personnel, des dépenses pour la prise en charge des intérêts de la dette publique et des ressources extérieures. Dans le détail, 1 470,2 milliards de FCFA sont prévus pour le fonctionnement et 980,7 milliards pour l’investissement. Mais M. Cissé précise que « ces enveloppes revêtent un caractère indicatif et sont susceptibles d’être réajustées ».
Trois orientations majeures
Ainsi, pour le Budget 2027, les autorités veulent combiner deux facteurs : une utilisation optimale des ressources financières et l’amélioration de la qualité des services rendus. Une approche qui reposera sur une allocation plus stratégique des crédits, en privilégiant une meilleure sélection des leviers d’action, indique M. Cissé.
Pour la préparation du projet de Budget 2027, les orientations sont claires : il s’agira d’assurer la soutenabilité des finances publiques, de contenir l’endettement sur une trajectoire soutenable, en cohérence avec le pacte de convergence de l’Uemoa, et de garantir la mise en œuvre efficace des priorités.
Les instructions de Al Aminou Lô
« Les orientations budgétaires définies par M. le Premier ministre, chef du gouvernement, reposent principalement sur deux leviers complémentaires. Le premier concerne le renforcement de la mobilisation des ressources et le second porte sur la rationalisation des dépenses de fonctionnement et l’amélioration de l’efficacité de l’investissement public », a indiqué M. Cissé.
Donc, des efforts sont attendus sur l’ensemble des catégories de dépenses. L’objectif final du gouvernement étant de réaliser des économies budgétaires et d’orienter les ressources vers le financement d’autres priorités.
Ainsi, pour le Budget 2027, les dépenses seront priorisées conformément aux orientations stratégiques de l’Agenda national de transformation 2050, en veillant à leur rattachement explicite aux axes stratégiques, aux objectifs d’impact, aux indicateurs de résultats et aux indicateurs d’impact définis.
Cela signifie, en langage plus simple, que les choix d’investissement devront concilier les impératifs de croissance économique, de soutenabilité des finances publiques et d’efficacité de la dépense publique. Le tout, dans une perspective de création durable de valeur au bénéfice des populations.

