Un an après son élection le 24 mars 2024, Bassirou Diomaye Faye, devenu président du Sénégal avec 54 % des voix dès le premier tour, a marqué sa première année de mandat par des décisions ambitieuses. Investi le 2 avril 2024 à Diamniadio, il a nommé Ousmane Sonko comme Premier ministre, formant un duo déterminé à transformer le pays. Leur programme, axé sur la gouvernance, la souveraineté économique, la justice sociale et la lutte contre la corruption, a donné lieu à neuf mesures phares, bien que certaines soient encore jugées insuffisantes par l’opposition, qui dénonce un pilotage hésitant et des résultats mitigés.
1. Réduction des prix des denrées de base
Dès juin 2024, le gouvernement a annoncé une baisse des prix des produits essentiels comme le riz, l’huile, le sucre et le pain. Cette mesure, saluée par les Sénégalais, vise à alléger le coût de la vie, mais reste limitée selon les observateurs, qui notent une hausse persistante de certains produits et des difficultés à faire respecter les nouveaux tarifs, notamment à Dakar.
2. Lancement du « Sénégal 2050 »
Le président Bassirou Diomaye Faye a dévoilé l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 », un plan à long terme pour un développement durable. Ce projet ambitieux mise sur la souveraineté économique et alimentaire, mais l’opposition critique un manque de résultats concrets, pointant des promesses non tenues et un « tâtonnement » dans la mise en œuvre.
3. Lutte contre le bradage foncier
Le tandem Faye-Sonko s’est attaqué au « bradage » foncier dès mars 2025, avec l’annulation de nombreuses attributions irrégulières, notamment à Mbour 4, Thiès, Guédiawaye et Malika. Des morcellements illégaux, comme ceux près de l’ANACIM ou de la station d’épuration de Guédiawaye, ont été annulés, dans une volonté de rétablir la justice foncière.
4. Création des Coopératives productives solidaires (CPS)
Lancée à Koumpentoum, cette initiative vise à renforcer l’économie locale et solidaire. Les CPS, qui ont produit 60 % des céréales locales en 2024, ambitionnent de doubler leur production d’ici 2026. Le programme cible les femmes, les jeunes et les GIE agricoles, avec un objectif de 10 000 CPS d’ici 2029.
5. Soutien à l’agriculture avec le Promoren
Financé à 92 % par la Banque Islamique de Développement, le Promoren, doté de 36 milliards de FCFA, a été lancé pour moderniser l’agriculture. Avec un budget de 120 milliards pour la campagne 2024, le gouvernement a digitalisé la distribution des semences et fixé le prix de l’arachide à 305 FCFA le kilogramme, visant une collecte de 300 000 tonnes.
6. Projets d’accès à l’eau potable
La phase 2 du Projet d’approvisionnement en eau potable a été amorcée, avec 85 forages, 89 châteaux d’eau et 1450 km de réseaux pour desservir 2 millions de Sénégalais. Un centre de production d’eau à Ndiaye Moussa Ndiaye (Fatick) et le Grand Transfert d’Eau (GTE) vers Dakar, Thiès et Mbour ont également été initiés.
7. « New Deal Technologique » pour le numérique
Le président Bassirou Diomaye Faye a lancé un plan pour faire du Sénégal un hub numérique en Afrique, avec une extension de la couverture Internet, la création de data centers nationaux et un soutien aux start-ups technologiques. Ce projet vise à renforcer la souveraineté numérique et à limiter la dépendance aux serveurs étrangers.
8. Installation du Pool judiciaire financier
Le 17 septembre 2024, Ousmane Diagne, ministre de la Justice, a installé le Pool judiciaire financier pour lutter contre la corruption et les flux illicites de capitaux. Des figures comme Farba Ngom et Tahibou Sarr ont été placées sous mandat de dépôt, mais des critiques persistent sur une justice à deux vitesses.
9. Fin des accords de pêche avec l’UE
En novembre 2024, la ministre des Pêches, Dr Fatou Diouf, a mis fin au protocole d’accord avec l’Union européenne, qui avait rapporté 6,52 milliards de FCFA sur cinq ans. Cette décision vise à protéger les ressources halieutiques sénégalaises et à renforcer la souveraineté dans ce secteur.
Ces neuf décisions témoignent de la volonté de Bassirou Diomaye Faye de transformer le Sénégal, mais les défis restent nombreux. La cherté de la vie, les litiges fonciers et les attentes des jeunes, notamment en matière d’emploi, continuent de peser. Si certaines réformes suscitent l’espoir, leur impact reste à concrétiser pour répondre pleinement aux aspirations des Sénégalais.